Tsunami à l’Opposition. Cinq députés absentéistes invalidés
Il s’agit de Diomi Ndongala (DC), Félix Tshilombo Thisekedi wa Mulumba (UDPS), Antipas Mbusa Nyamwisi (RCD/KML), Kiringa Iluju Claude et Jean Maweja Muteba qui ont été invalidés pour absences prolongées et non justifiées
A en croire les observateurs de la scène politique congolaise, la politique de la chaise vide ne paie jamais. D’autant qu’on ne peut pas vouloir quelque chose et son contraire à la fois. Refuser de siéger mais percevoir les dividendes est contraire à l’esprit et la lettre de la loi et même de la morale
Cependant, le Speaker de la chambre basse du parlement a tiré la sonnette d’alarme quant à la qualité de contrôle parlementaire en invitant les honorables députés à l’efficacité, à l’efficience et à plus de responsabilité pour mener un contrôle parlementaire sain à la prochaine session.
La clôture de la session de mars 2013 est intervenue le samedi 15 juin dernier dans un contexte particulier et inhabituel à la chambre basse du parlement. Deux projets de lois ont été votés à la majorité des députés et seront transmis au Président de la République pour promulgation.
Entretemps, dans la matinée du 15 juin 2013, soit deux jours durant, la Commission politique administrative et juridique (PAJ) s’est réunie en procédure d’urgence poursuivant les travaux en rapport avec l’invalidation des députés nationaux qui se sont compromis dans leurs obligations constitutionnelles et règlementaires en refusant de siéger à l’Assemblée nationale. Ce, depuis le début de la législature en cours, la deuxième de la troisième République.
La pratique a élu domicile à la chambre basse du parlement où, à en croire le rapport de la Commission politique administrative et juridique, 275 députés sont concernés par l’article 110 point 6, parce qu’ayant totalisé plus de ¼ d’absences à une session ordinaire qui dure 3 mois, sans oublier le mois de la session extraordinaire.
Les 5 députés concernés
Il s’agit de Diomi Ndongala (DC), Félix Tshilombo Thisekedi wa Mulumba(UDPS), Mbusa Nyamwisi Antipas (RCD/KML), Alexis Mutanda Ngoy Muana( pièces justificatives des soins médicaux à Bruxelles) (UDPS), Kiringa Iluju Claude et Jean Maweja Muteba.
Ces députés nationaux n’ont jamais siégé à l’hémicycle du Palais du peuple depuis la validation de mandat par la dite Chambre basse du parlement, sinon à l’exception d’Antipas Mbusa Nyamwisi qui a rejoint ses habitudes naturelles, la rébellion après avoir obtenu du bureau l’autorisation de visiter sa famille en Afrique du Sud pour une durée de 7 jours. Au lieu de 7 jours, l’ancien ministre des Affaires étrangères RDC/KML n’est jamais retourné siéger à la plénière, ni en commission, ni encore en sous commission.
Toutefois, quant aux députés qui ne se sont jamais présentés, ni pris part à une séance plénière quelconque, mais bénéficiant de tous les avantages dus à leur rang, à savoir percevoir les émoluments sans pouvoir faire le travail auquel ils ont été élus, ils sont frappés par les articles 100 et 110, point 6 de la Constitution et les articles 8 point 18, 9 alinéa 1er, 2 et 7, 85 point 6 et 119 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale.
Ce type de comportement ne reflète pas l’image de marque des gens qui sont appelés à être au service de la nation, mais plutôt traduit l’amateurisme politique, l’enfantillage, le déshonneur et le discrédit dans la carrière et parcours politique pour ceux qui veulent l’alternance politique.
A en croire les observateurs et analystes de la scène politique congolaise, la politique de la chaise vide, ni de l’autruche ne paie jamais. On ne peut pas vouloir quelque chose et son contraire à la fois. Refuser de siéger, mais percevoir les dividendes est contraire à l’esprit et la lettre de la loiet même de la morale.
Cette situation est la conséquence d’amateurisme politique de la part de ceux là qui prétendent gérer demain la République. La démocratie a ses règles et ses principes que tout le monde doit respecter. C’est aux alentours de 20h15 que l’Assemblée nationale a voté la résolution constatant la fin des mandats des députés nationaux pour absence non justifiée et non autorisée.
L’Opposition voulait sauver Mbusa
Le cas de l’honorable déchu Roger Lumbala Tshitenge est illustratif. Lorsque l’ancien ministre de l’Economie et patron du Rassemblement congolais pour la démocratie nationale avait pris l’option d’évoluer aux côtés du M23, certains députés, en tout cas ses collègues et amis, ont cherché par tous les moyens possibles de le sauver en sollicitant ses moyens de défense avant toute prise de décision.
Cette même opération a failli emporter certains députés qui voyaient dans l’invalidation d’Antipas Mbusa Nyamwisi un acharnement, pourtant en soins médicaux en Afrique du Sud. D’autres par ailleurs ont bombé le torse en accusant le bureau de geler ses émoluments. Faux, rétorque la commission PAJ et le bureau. Pour la Commission, si un député a une autorisation octroyée pour soins médicaux autre que celle que nous disposons, qu’il la brandisse séance tenante.
Pour Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale, les émoluments de Mbusa Nyamwisi n’ont jamais été gelés, plutôt consignés au bureau de l’Assemblée nationale, alors que le concerné se trouvait du côté de la rébellion avec son assistant. Ce dernier est venu toucher l’entièreté des émoluments de Mbusa avant qu’on déclenche le mécanisme de leur invalidation. Aubin Minaku a pris quiconque à témoin de se rendre à la questure pour vérification séance tenante.
Compte tenu de toutes les accusations gratuites contre la commission PAJ, notamment celle de vouloir agir dans la précipitation, et le bureau de l’Assemblée nationale de vouloir régler illico presto la question, tous les députés ont été d’avis que les cas de 5 députés qui n’ont jamais siégé mérite invalidation. Mais, séance tenante, Alexis Mutanda, par courrier rapide à partir de Bruxelles a produit les pièces justificatives de ses soins médicaux, même si pour certains députés ce fait constitue une manière de se couvrir.
Au regard de tout ce qui précède, l’Assemblée nationale à travers son bureau et sa commission Politique administrative et judiciaire vient d’ouvrir une boite à pandore, à laquelle l’opinion nationale et internationale aura un œil grandement ouvert quant au sort des autres gros poissons qui siègent partiellement mais qui touchent l’entièreté des émoluments. Fruit du contribuable congolais. La session de septembre réserve les grandes questions à débattre, alors qu’elle est consacrée essentiellement au budget de l’Etat.
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