Les négociations dans les Grands Lacs sont inévitables révèle Julien Paluku, Gouveneur du Nord-Kivu
Le récent sommet de l'Union africaine (UA) couplé avec le 50ème anniversaire de cet organisme, qui s'est tenu le 26 mai à Addis-Abéba, en Ethiopie, s'est clôturé sur une note de recommandations, qui ont laissé un goût amer à certains pays participants.
De ces recommandations l'une d'entre elles focalisée, sur la situation d'insécurité prévalant dans les rangs de pays de la sous-région des Grands Lacs, s'est avérée comme un pavé jeté dans la mare, par le président tanzanien, Jakaya Kikwete. Faisant l'analyse des conflits récurrents qui dominent dans la sous-région, Kikwete a, à cette occasion, demandé à ses pairs dont les pays sont concernés, à entretenir la culture du dialogue. En d'autres termes, il a demandé à ce que ces pays se mettent autour d'une table avec ceux qui sont les auteurs de ces conflits, autrement dit, les rebelles.
Une catégorie que l'on trouve aussi bien au Rwanda avec les FDLR, en Ouganda avec l'ADF/NALU et en RDC avec le M23 et quelques satellitaires. De ce point de vue, la RDC est déjà engagée dans un processus visant à déboucher sur cette voie. Ce qui justifie l'organisation des assises en cours à Kampala en Ouganda, sous l'arbitrage d'un négociateur ougandais. Bien que ce forum n'offre pas encore toutes les garanties, mais l'espoir demeure, tout de même. N'en déplaise aux pêcheurs en eau trouble qui s'illustrent parmi, ceux qui dans l'ombre alimentent ces rebellions en RDC. Mais, la volonté est de mise. Kinshasa n'a de cesser pour exprimer cet engagement.
Mais, cette question ne relevant pas que de la RDC, il est indiqué que cela soit utile pour l'ensemble de pays de la sous-région, comme c'est le cas du Rwanda et de l'Ouganda, deux pays qui ne sont pas non plus exemptes de la présence de l'activisme des rebelles.
C'est ce qui a poussé le président tanzanien à exhorter ces pays à opter pour la voie du dialogue, de négociation avec leurs compatriotes respectifs en rébellion. Proposition pertinente saluée par le reste de la communauté internationale en commençant par Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies.
Mais loin de réunir l'unanimité, Kigali a trouvé à redire, estimant ne pas se sentir intéressé par cette proposition. Point de vue exprimé par Louise Mushikiwabo, ministre rwandaise des Affaires étrangères, qualifiant d' "aberrant" les propos du président de la Tanzanie, ajoutant que les FDLR sont un groupe de génocidaires qui ont quitté le pays après avoir participé à l'élimination de plus d'un millions de Rwandais. Elle a en outre laissé entendre que ceux qui pensent que le Rwanda devrait s'asseoir à la table de négociations avec les FDLR ne savent pas de quoi ils parlent.
Réagissant à ces propos, l'ambassadeur de la Tanzanie en RDC, Emedy Ngaza a tenu à fixer l'opinion sur le bien fondé de la proposition du président tanzanien. C'était le mardi 4 juin. Radio Okapi qui se fait l'écho de cette réaction signale entre autres propos que " La déclaration du président tanzanien n'a rien de polémique. D'ailleurs, poursuit-il, elle a été saluée en RDC, par l'Ouganda ainsi que par le S.G de l'Onu. Cela signifie tout simplement que les belligérants s'engagent à dialoguer pour que la paix soit restaurée ". Il a noté que son pays n'est pas en crise diplomatique avec le Rwanda. " Il s'avère que la déclaration n'a pas été bien accueillie par les autorités rwandaises. Mais, il est un fait que la Tanzanie et le Rwanda font toujours partie de la communauté des Etats de l'Afrique de l'Est ", a-t-il signifié.
La même source indique que l'ambassadeur du Rwanda à Kinshasa, Armadin Rugira, a réaffirmé la position arrêtée par son gouvernement par la bouche de la ministre des Affaires étrangères.
Tout compte fait, l'ambassadeur tanzanien en RDC, a rejeté toute idée pour Dar-es-Salam de s'excuser auprès de Kigali. " S'opposer à la proposition du président tanzanien d'un dialogue entre les belligérants de chacun des pays respectifs, équivaut au refus d'une paix durable dans la sous-région des Grands Lacs, peut-on retenir en substance.
Comme quoi, la proposition du président Jakaya Kikwete a soulevé d'énormes vagues, particulièrement au Rwanda où la démocratie est un vain mot.
Pour Mr Julien Paluku, Gouverneur du Nord Kivu, la paix dans la région des grands lacs passe par la démocratisation des institutions au Rwanda surtout et le dialogue avec les FDLR.
Pour Julien Paluku, tous les rwandais se trouvant à l'extérieur ne doivent pas être considérés comme génocidaires car il en distingue trois catégories:
1) les véritables criminels qui ont perpétré le génocide au Rwanda en 1994 et qui doivent être recherchés par la justice. Avec ceux là il n'y a pas de possibilité de négociation,
2) les réfugiés politiques rwandais qui fuient le régime monolithique et la terreur installés à Kigali depuis 19ans et dont on ne sent pas le partage du pouvoir entre tous les fils et filles du Rwanda. L'illustration est la condamnation de Mme Ingabire pour avoir osé se présenter candidate aux présidentielles de 2010. Elle a été condamnée à 8ans c'est à dire jusqu'en 2018, l'empêchant ainsi de se présenter aux présidentielles de 2017. Pour le Gouverneur Julien Paluku, le Président Kagame doit dialoguer avec cette catégorie des rwandais qui n'ont rien a voir avec le génocide mais à qui on a toujours collé ces crimes pour les taire.
3) les rwandais alors mineurs lors du génocide(moins de 18ans en 1994) et tous ceux qui sont nés à l'extérieur du Rwanda pendant tout ce temps de refuge. À ce jour, leur âge est compris entre 19ans et près de 35ans. À ceux-là, il ne doit pas leur être attribué l'idéologie du génocide car n'ayant ni l'âge de la raison au moment du crime, ni présent sur le sol rwandais en ces temps là parceque nés en dehors du pays, a conclu Julien Paluku.
Pour l'Autorité provinciale du Nord Kivu les propos du Président tanzanien concerne les deux dernières catégories des rwandais qui sont totalement exclus de la gestion politique de leur pays, le Rwanda. Évoquer cela n'est ni être porteur de l'idéologie du génocide, ni être porte parole des FDLR et moins encore ne rien savoir des réalités du grand lac comme tentent de le faire croire les autorités rwandaises.
Un autre axe d'analyse à exploiter dans la déclaration du Président tanzanien est celui par lequel Jakaya Kikwete lance un signal au Rwanda et à l'Ouganda pour leur dire que si pour eux il est très amer de dialoguer avec les forces négatives, la même pullule est amère pour la RDC lorsqu'on lui demande aussi de l'avaler, a poursuivi julien Paluku avant de conclure que la paix se construit non a travers un bras de fer mais grâce à certaines concessions.
Le Gouverneur Julien Paluku Kahongya dément catégoriquement toute prétendue coopération avec les FDLR. : Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya a, au cours d'un point presse tenue ce jeudi 05 juillet, en sa résidence officielle, démenti catégoriquement les allégations faisant étant d'une prétendue coopération de sa part avec les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, Fdlr. Au cours de ce face-à-face avec la presse, l'autorité provinciale a tout d'abord éclairé l'opinion au sujet des efforts entrepris par la République Démocratique du Congo dans le cadre du rapatriement des rebelles et autres réfugiés rwandais ... lire la suite
COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT DE LA RDC SUR LA SITUATION SECURITAIRE AU KIVU. : Le 30 avril 2012, une mutinerie éclatait dans trois unités des FARDC au Nord et au Sud Kivu. D’anciens membres de groupes armés intégrés récemment dans l’armée avaient déserté avec leur ancien chef, Bosco Ntaganda, pour tenter de lancer une énième rébellion armée à l’Est. On observera peu après des tentatives similaires ... lire la suite