Quatre Rwandais ont déclaré à la BBC que l’armée rwandaise les a recrutés de force pour se battre pour le groupe rebelle M23 dans l’Est de la République démocratique du Congo. Les quatre ont indiqué qu’ils avaient demandé l’asile en Ouganda, après avoir fui les combats.
L’armée rwandaise a rejeté leurs allégations, les accusant d’avoir monté de toute pièce leurs histoires dans le but d’obtenir l’asile. Et ce n’est pas pour la première fois que le Rwanda conteste, d’autant qu’il est dans une dynamique qui voudrait qu’il puisse garder la même attitude sans pour autant se compromettre. La semaine dernière, les Etats-Unis ont demandé au Rwanda de cesser de soutenir le M23. Ici encore, le Rwanda a minimisé, disant qu’il s’agissait « d’une porte-parole ». Comme pour dire que cette recommandation ne concernait pas tout le Gouvernement.
Les experts des Nations Unies et les autorités congolaises indiquent que le Rwanda continue d’envoyer des troupes pour soutenir les rebelles. Quelques 800.000 personnes ont été déplacées dans la région de l’Est de la Rdc, riche en ressources minières depuis le début de la rébellion du M23 en avril 2012.
Ces combattants du M23 proviennent essentiellement de la communauté tutsie. Mais le Rwanda dément soutenir le groupe armé. L’ONU a donné un ultimatum aux habitants de Goma jusqu’à 14H00 GMT jeudi pour désarmer, à défaut de quoi, la force sera utilisée.
Une nouvelle Brigade d’intervention de 3.000 hommes a été déployée pour lutter contre divers groupes armés, y compris le M23. Les quatre déserteurs, parmi lesquels figure un homme qui se présente comme un capitaine de l’armée rwandaise, ont parlé à la BBC sous couvert d’anonymat.
Il a déserté après avoir vu mourir de nombreuses personnes innocentes, a-t-il-dit. Il a indiqué que le président rwandais Paul Kagame est le commandant en chef du M23.
"Tout ce qu’il dit doit être fait », a-t-il-ajouté. Mr. Paul Kagame a toujours nié soutenir les rebelles. Un autre déserteur, qui se décrit comme un étudiant en médecine, a déclaré à la BBC qu’il a été « kidnappé » par des soldats dans la ville frontalière de Gisenyi en août 2012 et conduit de l’autre côté de la frontière où il a soigné plus de 300 autres recrues blessées dans les combats.
"Ils les ont emmenées au front avant même de terminer leur formation », a-t-il déclaré. Le porte-parole de l’armée rwandaise Joseph Nzabamwita a indiqué qu’il ne pouvait commenter que si la BBC divulguait les noms de ses sources, ajoutant que les concernés doivent avoir monté leur histoire afin de demander l’asile. C’est du n’importe quoi pour tous ceux qui savent comment le Rwanda recrute, forme et arme les candidats envoyés à la mort aux côtés des rebelles du M23.
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