Didier Reynders approuve l’engagement de Joseph Kabila dans la consolidation de l’autorité de l’Etat
La consolidation de l’autorité de l’État à l’est, la réforme du « secteur de la sécurité » et la promotion de la réconciliation nationale, la tolérance et la démocratisation sont autant de volets d’actualités qui ont attiré la confiance de la communauté internationale en faveur de la RDC. Avant de boucler sa visite en RDC, Reynders a jugé utile d’aborder les questions sécuritaires avec Joseph Kabila.
A l’issue d’un entretien qu’il a eu mercredi avec le président Joseph Kabila, le Chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, a indiqué que le Président Kabila est déterminé à agir contre les groupes armés qui déstabilisent l'Est de la République démocratique du Congo (RDC), M23 en tête.
M. Kabila est « très conscient, comme le gouvernement, de la nécessité d'être beaucoup plus présent sur la scène régionale et internationale » pour défendre les positions de la République démocratique du Congo (RDC), en proie à une instabilité chronique dans l'Est depuis des décennies, a-t-il affirmé à quelques journalistes après cette rencontre d'environ une heure et demi.
Selon M. Reynders, le président Joseph Kabila est aussi « très conscient » des problèmes de sécurité et de défense dans l'Est et souhaite voir les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) « jouer leur rôle » en commun avec les Casques bleus des Nations-Unies dans la lutte contre ces groupes armés, dont le dernier en date, le Mouvement du 23 mars (M23), contrôle depuis plus d'un an une zone au nord de Goma, le chef-lieu de la province du Nord-Kivu, voisine du Rwanda et de l'Ouganda.
« J'ai senti une volonté d'agir », a commenté M. Reynders.
La RDC a fait le « maximum » dans le dialogue avec le M23
La République démocratique du Congo (RDC) a fait le « maximum » dans les pourparlers de sortie de crise avec le Mouvement du 23 mars (M23), rébellion active dans l'Est du pays, a estimé le ministre belge des Affaires étrangères. « Je crois qu'en matière d'impunité et de réintégration il y a des limites, une ligne rouge à ne pas franchir. J'ai le sentiment -- après on peut toujours discuter à la marge -- mais j'ai le sentiment que le maximum a été fait » par le gouvernement congolais, a déclaré le ministre lors d'un point-presse, au dernier jour de sa visite en RDC.
Des pourparlers entre Kinshasa et le M23 se sont ouverts début décembre à Kampala, capitale de l'Ouganda. Ils sont au point mort et, alors que règne une trêve précaire, le M23 a menacé de reprendre Goma, la capitale du Nord-Kivu qu'il avait occupée fin novembre.
« Je pense que l'autorité congolaise est allée au-delà de ce qui est possible. (...) On ne peut pas demander aux Congolais, et moi je souhaite d'ailleurs qu'ils ne le fassent pas, de réintégrer dans l'armée et sur place des gens qui se sont rebellés une fois, deux fois, trois fois », a-t-il ajouté.
« A force d'incorporer des indisciplinés on incorpore l'indiscipline », a-t-il insisté.
Le ministre est aussi revenu sur l'accord-cadre du 24 février, signé par onze pays africains, dont le Rwanda et l'Ouganda. Des experts de l'ONU affirment que ces deux voisins de la RDC soutiennent le M23, ce qu'ils ont toujours catégoriquement démenti.
« Il faut que tous les pays, les 11, participent de manière positive à la mise en oeuvre des accords d'Addis, et donc c'est clair qu'on a besoin de voir - en Ouganda, au Rwanda - une volonté de participer à la solution, et ne pas être accusés de participer au problème », a souligné Didier Reynders.
« Il faut donner du temps au temps (...) mais les attentes sont très, très élevées dans la population et à un moment donné, ça va être une perte de crédibilité totale pour la communauté internationale si rien ne change » après l'accord-cadre et l'envoi d'une brigade d'intervention de l'ONU, a-t-il prédit.
Cette brigade, en cours de déploiement, doit renforcer la Monusco. Dotée d'un mandat offensif, la brigade doit compter 3.069 hommes chargés de combattre les groupes armés de l'Est congolais, M23 en tête.
Didier Reynders a notamment évoqué ces questions sécuritaires mercredi avec le président congolais Joseph Kabila, puis avec le Premier ministre Augustin Matata Ponyo. Lundi, ce sujet avait été abordé avec le chef de la diplomatie congolaise Raymond Tshibanda.
M. Reynders est arrivé dimanche à Kinshasa. Il quitte mercredi la RDC, ancienne colonie belge, via Lubumbashi, deuxième ville du pays et capitale de la province instable du Katanga (Sud-Est). Il s'envolera ensuite pour Nairobi et Le Caire pour la suite de son périple africain.
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