L’aile Makenga du M23 vient de se désigner un nouveau chef politique en la personne de Bertrand Bisimwa
Les choses bougent vite dans les rangs des terroristes on eût dit désemparés du M23 disloqué d’ores et déjà en plusieurs factions dont celle de l’aile du chef militaire Makenga qui vient de se désigner un nouveau chef politique en la personne de Bertrand Bisimwa
Le M23, aile restée fidèle à son chef militaire Sultani Makenga, a désormais un nouveau coordonnateur politique. Il s’agit de Bertrand Bisimwa. Il a été désigné à ce poste, le jeudi 7 mars par le haut commandement militaire du groupe armé.
Après la destitution de Jean-Marie Runiga - qui a créé une autre branche du M23 -, l’aile Sultani Makenga a nommé, le jeudi 7 mars, Bertrand Bisimwa au poste de chef politique du Mouvement rebelle.
Selon l’entourage du nouveau promu, sa désignation constitue une « récompense pour un combattant de la première heure ». A peine nommé, le nouveau chef politique du M23 aile Makenga, a invité le gouvernement congolais à soumettre, aux pourparlers de Kampala, sa proposition de sortie de crise.
D’après plusieurs recoupements, Bertrand Bisimwa « souhaite » que son mouvement parvienne à un accord avec Kinshasa avant le 15 mars, date programmée de l’issue des pourparlers engagés depuis début décembre 2012 à Kampala. « Mais, à ce jour, contrairement à ce que certains médias ont annoncé, nous n’avons reçu aucun projet d’accord du gouvernement congolais », a-t-il déclaré. Avant de renchérir : « en dehors du compromis sur l’évaluation de l’Accord du 23 mars (signé en 2009 entre le gouvernement congolais et le CNDP, NDLR), aucune proposition de Kinshasa se trouve sur la table des discussions ».
Après l’éclatement du M23 en deux fractions, le gouvernement congolais s’est retrouvé sans doute devant « un problème d’identification d’interlocuteurs » pour poursuivre les négociations dans la capitale ougandaise.
« Cette question est levée : Kinshasa nous a informé de son intention de continuer les pourparlers avec notre groupe », a assuré le nouveau chef politique du M23 cité par Jeuneafrique.com.
Entre-temps, les tractations se poursuivent au Conseil de sécurité des Nations unies pour renforcer le mandat des troupes onusiennes en RDC et décider du déploiement d’une brigade d’intervention internationale chargée de neutraliser tous les groupes armés et forces négatives actifs dans le Kivu.
« Notre mouvement n’est pas concerné : le M23 n’est pas une force négative, soutient Bertrand Bisimwa. Nous sommes plutôt des partenaires de la paix. C'est pourquoi à Kampala, nos délégués sont pris en charge par le gouvernement congolais : or, on ne loge pas, on ne nourrit pas, on ne donne pas l’argent de poche aux membres d’une "force négative" », a-t-il argué.
Bertrand Bisimwa, 40 ans, natif de la ville de Bukavu (Sud-Kivu), est une figure bien connue dans les groupes armés qui se sont succédé dans la partie est de la RDC depuis près de deux décennies. En 1996, il rejoint l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), rébellion qui mit fin aux 32 ans de règne de Mobutu. Deux ans plus tard, il participe à l’insurrection du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) contre le pouvoir de Kabila (père et fils), avant de se retrouver aux côtés des hommes du général déchu Laurent Nkunda, en 2009. « C’est la riche histoire du M23 », a-t-il souligné.
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