L’ONG américaine Enough accuse le M23 de trafic d’« or de sang » au Nord-Kivu
L’ONG américaine Enough, spécialisée dans la lutte contre le génocide et les crimes contre l’humanité, accuse le M23 (Mouvement du 23 mars) d’être au centre de la contrebande minière au Nord-Kivu (Est de la RD Congo).Elle note qu’« il y avait les +diamants de sang+ du Sierra Leone, il y aujourd’hui + l’or de sang+ de la RDC ».
« Le trafic d’or de contrebande représente la meilleure source de revenus pour les rebelles et constitue la principale source de revenus pour alimenter les combats dans l’Est de République du Congo », affirme Enough citée jeudi 25 octobre par BBC.
Signalant que « des quantités importantes d’or traversent toujours la frontière, vers le Rwanda et le Burundi, avant d'atterrir à Dubai, en Inde ou en Chine », l’ONG américaine souligné qu’« une simple valisette rempli d’or vaut un demi-million de dollars » américains.
Aussi recommande-t-elle aux consommateurs « d’exiger de connaître la provenance de l’or utilisé dans les bijoux qu’ils achètent », cette tactique ayant « bien fonctionné pour freiner la vente des diamants de sang qui alimentaient la guerre en Sierra Leone ».
« La législation américaine, sous la forme de la loi Dodd-Frank, a certes limité la quantité de minerais trafiqué hors du Congo, mais le prix de l’or s’est envolé ses dernières années. Un butin qui suscite la convoitise des rebelles et de leurs soutien », selon BBC.
L'exploitation frauduleuse de l'or
En janvier 2012, le service des mines du district de l'Ituri (Province Orientale) avait recensé environ 100.000 orpailleurs qui exploitent frauduleusement l'or dans la zone minière de Mongwalu, parmi celles exploitées par la société minière de l'or de Kilomoto.
Il avait déploré le fait que « toute la production de l'or cette zone échappe au circuit officiel de traçabilité, profitant ainsi aux pays limitrophes ». Une année auparavant, les autorités congolaises avaient appréhendé un Américain, un Français et deux Nigérians arrivés le 3 février 2011à Goma à bord d’un un petit biréacteur immatriculé aux Etats-Unis sous le numéro « N886DT » en provenance d'Abujan (Nigeria) « avec des millions de dollars pour acheter de l'or ».
« Les enquêtes se poursuivent pour identifier les acteurs locaux, nationaux et internationaux qui déstabilisent toute la région », avait annoncé le gouverneur du Nord-Kivu Julien Paluku. Vantant un « joli coup de filet » réalisé par les « services spécialisés », il avait précisé que sa province « regorge de minerais (cassitérite, coltan, or...) dont le trafic illicite participe au financement de groupes armés toujours actifs ».
Une source militaire avait même affirmé que « des militaires, ex-rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) intégrés à l'armée début 2009, avaient été contactés par les trafiquants courant janvier et accepté d'aider ces voleurs dans le but de les sauver ».
La quantité de métal précieux récupérée était restée imprécise, variant selon les sources entre 310 kg (gouvernement), 435,6 kg (Paluku) et 456 kg (source militaire). « Les trafiquants présumés ont dit aux enquêteurs avoir donné 6,5 millions de dollars en échange de l'or, mais seulement 1,8 million de dollars a été récupéré », avait déclaré le porte-parole du gouvernement, le ministre des Médias Lambert Mende Omalanga.
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