Le Conseil de sécurité de l’ONU exige le démantèlement du M23
L’organe exécutif des Nations unies a désapprouvé et condamné l’affront du M23 et ses instigateurs extérieurs pour en arriver à exiger le démantèlement de cette force négative qui déstabilise l’Est de la RDC.
La guerre dans l’Est de la RDC a encore été examinée le jeudi 2 août au Conseil de sécurité des Nations unies qui entendait le rapport du représentant spécial du secrétaire général en RDC et chef de la Monusco sur cette crise.
L’organe exécutif de l’ONU a, une fois de plus, désapprouvé et condamné l’affront du Mouvement du 23 mars (M23) et ses instigateurs extérieurs pour en arriver à exiger le démantèlement de cette force négative qui déstabilise l’Est de la RDC.
Dans la déclaration faite à la presse par le président du Conseil de sécurité, Gérard Araud, les membres du Conseil de sécurité renouvellent leur ferme condamnation du M23 et des attaques qu’il a commises, et exigent une nouvelle fois que ce mouvement mette immédiatement fin à toute activité de déstabilisation, notamment à toute avancée vers Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu.
«Les membres du Conseil de sécurité demandent instamment au M23 et à tous les groupes armés de cesser toute forme de violence, y compris les violences sexuelles ainsi que le recrutement et l’emploi d’enfants-soldats », a déclaré Gérard Araud.
A cet effet, les institutions permanentes sont appelées à veiller à ce que toutes les violations des droits de l’Homme fassent l’objet d’enquêtes et à ce que les auteurs soient tenus responsables de leurs actes. La Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Mme Navi Pillay, a récemment désigné cinq commandants impliqués dans des atrocités par le passé et qui constituent la plus grave menace pour la population civile. Il s’agit de Bosco Ntaganda, inculpé par la Cour pénale internationale, Sultani Makenga, Baudouin Ngaruye, Innocent Zimurinda et Innocent Kaina.
Encourager le dialogue
Par ailleurs, les membres du Conseil de sécurité se déclarent profondément préoccupés par l’aggravation de la situation humanitaire dans la province du Nord-Kivu, en particulier par l’augmentation du nombre de personnes déplacées et de réfugiés, et appellent la communauté internationale à fournir l’appui humanitaire approprié. Ils déclarent également préoccupés par les conséquences négatives que pourrait avoir la situation actuelle sur la sécurité et les conditions humanitaires dans le Sud-Kivu.
Les membres du Conseil de sécurité se félicitent que les présidents Kagame du Rwanda et Kabila de la RDC se soient entretenus récemment afin de résoudre la crise, y compris par l’intermédiaire de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL).
Ils encouragent la poursuite d’un dialogue de haut niveau à l’échelle bilatérale et régionale et la mise en œuvre intégrale des mécanismes régionaux existants pour résoudre le problème de l’insécurité dans l’Est de la RDC, et trouver une solution politique durable. Ils notent, à cet égard, qu’un sommet de la CIRGL doit se tenir à Kampala le 7 août 2012.
Concernant les appuis extérieurs dont bénéficient les groupes armés, une position ferme a été adoptée : «les membres du Conseil de sécurité réitèrent leur ferme condamnation de tout appui extérieur apporté au M23, notamment par d’autres pays, et exigent qu’il y soit mis fin immédiatement».
Ils demandent en outre à tous les pays de la région de coopérer activement avec les autorités congolaises pour le démantèlement et la démobilisation du M23.
L’audition du rapport du chef de la Monusco par le Conseil de sécurité de l’ONU a aussi permis à cet organe de réaffirmer son appui à la Monusco et à ses opérations dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ils encouragent les efforts de la Mission pour appuyer le gouvernement congolais à protéger les civils déplacés ou menacés à la suite de violences commises par des groupes armés, et demandent à toutes les parties de coopérer pleinement avec la Mission et condamnent fermement toutes les attaques perpétrées contre ses personnels militaires.
Et pour éclairer sur le rôle de la Monusco, les membres du Conseil de sécurité ont rappelé que c’est au gouvernement congolais qu’incombe au premier chef de protéger la population civile.
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