Joseph Kabila exige des sanctions contre le Rwanda
Le président de la RDC, Joseph Kabila, à la tribune des Nations unies le mardi 25 septembre 2012.
Intervenant à la tribune des Nations unies
Pour le président Joseph Kabila, la situation d’insécurité créée par le Rwanda et son pantin de M23 dans l’Est du pays « est inacceptable, elle mérite d’être condamnée et devrait donner lieu à des sanctions ». Le vœu du chef de l’Etat devant la tribune des Nations unies le mardi 25 septembre 2012 était de voir l’Onu « engager tous les Etats membres, particulièrement ceux qui se laissent tenter par la violence, au respect des principes directeurs de la Charte des Nations unies ». Il a insisté : « Nous attendons de la communauté des Nations qu’à cet égard elle prenne ses responsabilités, et du Conseil de sécurité qu’il fasse respecter ses résolutions. C’est la condition de leur efficacité et de leur crédibilité ».
La situation de guerre qui sévit dans l’Est de la RDC reste préoccupante. Prenant la parole le 25 septembre 2012 du haut de la tribune des Nations unies, le président de la République, Joseph Kabila Kabange, y est revenu de manière condensée mais assez édifiante. Sur un ton diplomatique, mais ferme, le chef de l’Etat congolais a invité la communauté internationale à mesurer la gravité du nouveau drame qui est imposé à la population de la partie Est de la RDC, alors que le pays était engagé, après des années de trouble, « dans la consolidation de la paix et de la sécurité ».
C’est le moment d’agir, a martelé le chef de l’Etat congolais, devant les Etats membres de l’organisation des Nations unies, réunis en Assemblée générale ordinaire à New York aux États-Unis. La RDC entend donc voir les Nations unies sanctionner ceux qui ont choisi « l’égoïsme, l’extrémisme, le communautarisme et le primat de la loi de la force sur la force de la loi ».
Divers rapports, dont le plus célèbre est celui des Nations unies, avaient clairement pointé du doigt le Rwanda comme principal soutien aux rebelles du Mouvement du 23 mars (M23), responsable de la résurgence des tensions dans l’Est de la RDC.
Y a-t-il encore des preuves de plus à brandir à la communauté internationale pour la sortir de son mutisme ? « Nous attendons de la Communauté des Nations qu’à cet égard elle prenne ses responsabilités, et du Conseil de sécurité qu’il fasse respecter ses résolutions », a-t-il déclaré, estimant avoir réuni le plus des preuves possibles pour attester d’une agression du Rwanda contre la RDC. C’est donc la crédibilité aussi bien de la communauté internationale que du Conseil de sécurité des Nations unies qui est en jeu. « C’est la condition de leur efficacité et de leur crédibilité », a fait remarquer le président Joseph Kabila.
Le président de la République n’a pas non plus raté cette belle occasion pour parler des efforts que ne cesse de déployer le gouvernement de la RDC aux fins de parvenir à une paix durable sur l’ensemble de son territoire en vue d’asseoir véritablement les bases de son développement. Une façon de dire que la RDC n’attend de la communauté internationale ni une compassion ni une quelconque magnanimité. Le vœu de Joseph Kabila, est de « voir notre Organisation engager tous les Etats membres, particulièrement ceux qui se laissent tenter par la violence, au respect des principes directeurs de la Charte des Nations unies ».
En ces moments très durs, la RDC a reçu des soutiens de beaucoup de partenaires. Aussi le président de la République a-t-il tenu à « remercier tous ceux qui, de loin ou de près, partenaires bilatéraux ou multilatéraux, dont l’Organisation des Nations unies, nous accompagnent dans nos efforts pour ériger, au centre de l’Afrique, un Congo uni et prospère, en paix avec lui-même et avec tous ses voisins ».
Maintenir la pression
Depuis le déclenchement de l’aventure militaire des rebelles du M23, soutenus en armes et munitions par Kigali, la RDC, qui continue, selon le président Kabila, à privilégier les voies politique, militaire et diplomatique pour sortir du bourbier de l’Est du territoire national, est parvenu à allier un nombre important des Etats à sa cause.
Si la Grande-Bretagne s’est vite ravisée en levant la mesure de suspension de son aide au Rwanda, d’autres comme les États-Unis et les Pays-Bas ont maintenu la pression. L’Union européenne s’est également alignée derrière la RDC en suspendant mardi dernier toute nouvelle aide au Rwanda.
Le président français, François Hollande, est allé dans le même sens en condamnant du haut de la tribune des Nations unies les ingérences dont est victime la RDC. Rappelant les nombreuses souffrances endurées par les peuples syriens et maliens qui se battent pour leur honneur et l’intégrité de leurs territoires respectifs. Il n’a pas non plus ignoré la situation qui prévaut dans l’Est de la RDC, visiblement entretenue par le Rwanda. « Je pense notamment, à ce qui se produit dans la République démocratique du Congo où les civils sont les principales victimes des affrontements et où les ingérences doivent cesser le plus rapidement possible », a déclaré le chef de l’Etat français.
L’éveil de la communauté internationale doit donc pousser la RDC à maintenir la pression sur le plan diplomatique pour faire plier le Rwanda dans ses velléités belliqueuses dans la région des Grands Lacs. Le mini-sommet qui se tient ce jeudi à New York autour de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC ; rencontre à laquelle prendront part les présidents congolais et Rwandais est une belle occasion pour la délégation congolaise d’étayer des arguments qui vont clouer le Rwanda. Il n’y a donc pas lieu de protéger indéfiniment un voisin qui a fait preuve de mauvaises fois dans l’application de tous les accords autant bilatéraux que multilatéraux signés pour le retour d’une paix durable dans la région des Grands Lacs.
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