Guerre, M23, implication du Rwanda, dossier Ntaganda : Le gouverneur Julien Paluku éclaire la société savante
Conscient que la solution à la crise passe par l’apport de tous, le gouverneur Julien Paluku, ne dort pas sur ses lauriers. Il multiplie les rencontres d’échanges et discute avec toutes les couches de la population. Ensemble, comprendre la crise, dissiper le malentendu, avec une oreille attentive aux avis de ses concitoyens.
‘’ Aucune négociation n’est envisagée avec le M23 comme le prétendent ses dirigeants. Et s’il faudrait négocier, pour quoi alors la RDC sollicite la force neutre pour traquer les forces négatives dont le M23 ? Cette idée des pourparlers est totalement exclue ‘’, a redit le mercredi 12 septembre courant, le gouverneur Julien Paluku Kahongya aux chefs d’établissements d’enseignement supérieur et universitaire à Goma.
Ce cadre d’échanges avec la société savante du Nord-Kivu, a été l’occasion pour l’autorité provinciale d’éclairer ses concitoyens sur les efforts politiques, diplomatiques et militaires déployés par le gouvernement congolais. Le gouverneur du Nord-Kivu, a tout d’abord rassuré l’auditoire qu’il n’y a jamais eu des négociations et accords secrets entre la RDC et le Rwanda, moins encore avec le CNDP. Pour ce faire, l’occasion faisant les larrons, Julien Paluku a tout d’abord rappelé l’évolution de la situation sécuritaire actuelle dans sa province.
Tout est parti de l’insubordination de Bosco Ntaganda. Acculé par le mandat d’arrêt lancé contre lui par la CPI, alors général et commandant des opérations militaires au Nord-Kivu et Sud-Kivu, il abandonne ses fonctions. Ne répondant plus aux ordres de la hiérarchie des FARDC, il se replie dans sa ferme à Mushaki, territoire de Masisi. Il est rejoint par une centaine de militaires et réussi à amasser une importante cargaison d’armes. Plus de 25 tonnes seront découvertes dans cette même ferme.
Acculé de tous les côtés par les FARDC, son mouvement est anéanti en moins de 10 jours. Il se replie alors dans le Rutshuru et sera rejoint par d’autres militaires et officiers ex-CNDP dont (Makenga, Innocent Zimurinda, Baudouin Ngaruye, Vianney Kazarama),… pour camper à Runyonyi.
Alors que les FARDC se préparent à endiguer cette indiscipline – Julien Paluku, l’avait dit avec raison – le Rwanda à l’insu de tous s’implique et ses troupes renforcent les quelque 500 hommes qui étaient restés autour de Bosco Ntaganda. Le M23 est créé et la résistance face aux FARDC ne pose plus de doute sur la présence du Rwanda qui équiperait et encadrerait les rebelles. ‘’ Face à cela, la diplomatie congolaise a travaillé. La mobilisation a atteint la région des Grands Lacs et à l’occasion de la session du 15 juillet d’Addis-Abeba, l’ensemble de la communauté internationale était déjà convaincue de l’implication du Rwanda aux côtés des rebelles, à la suite des preuves brandies par la RDC ’’, a souligné Julien Paluku.
Au moins 4 000 hommes pour la force neutre
Au fil des jours, les pressions diplomatiques se sont accentuées sur le pays de Paul Kagame. Certaines puissances occidentales ont même pris un train de sanctions. Bien que ces mesures soient moins contraignantes, elles ont montré au moins un signal fort contre la balkanisation de la RDC, qui ne fait plus aucun doute. Depuis lors, sous la présidence du chef de l’Etat ougandais, Yoweri Museveni, président en exercice de la CIRGL (Conférence internationale sur la région des Grands Lacs), deux réunions ont été organisées à Kampala. A la grande satisfaction de l’honorable Julien Paluku. ‘’ Nous avons eu à travailler avec des groupes de travail au niveau ministériel et au niveau des états-majors des armées. Et les résultats ont été satisfaisants pour notre pays ‘’.
Dans son échange, le chef de l’exécutif provincial a rappelé, le succès engrangé par la diplomatie congolaise. D’abord a-t- il dit, d’aucuns ne doute plus de l’implication du Rwanda aux côtés du M23. Ensuite, cette rébellion est désormais qualifiée de force négative au même titre que les FDLR. Au-delà, ajoute Julien Paluku, l’idée d’une force neutre a été adoptée nonobstant l’opposition du Rwanda. Il reste à finaliser les concepts opérationnels mais d’ores et déjà, certains pays sont prêts à y participer. ‘’ Il a été convenu que ladite force serait d’au moins 4 000 hommes. La Tanzanie serait même prête à fournir à elle seule 4 000 hommes. L’Angola, le Kenya, le Congo Brazza ont donné leur accord ‘’, a renchéri le chef de l’exécutif provincial. Seul le financement reste attendu. Mais des donateurs souscrivent déjà, a-t-il conclu. C’est dans cette optique, a expliqué Julien Paluku, que le 27 septembre 2012, il se tiendra à New York, sous l’égide du Secrétaire général de l’Onu, une rencontre avec les principaux acteurs dans cette crise. Une occasion qui permettra à l’Onu de peaufiner le déploiement de cette force sous sa bannière et celle de l’Union africaine (UA).
L’ingérence rwandaise
Serein, tout en gardant bon espoir, le patron de la province du Nord-Kivu a fustigé l’attitude de certains compatriotes qui, en fuyant les exactions de la bande à Bosco Ntaganda dans le Masisi, en mars et avril, ont préféré – pour des raisons inavouées - se réfugier au Rwanda. Plus tard, de nombreuses informations, malheureusement, ont démontré que le Rwanda et le M23, s’en servaient comme base de recrutement. Julien Paluku a aussi décrié l’instrumentalisation de cette crise comme étant ethnique et à l’encontre d’une communauté jusqu’à susciter l’intervention du Rwanda, dans une question purement congolaise. ‘’ Pourquoi, quand, au Katanga par exemple, chez les Bahemba, lorsqu’il se pose un problème dans cette communauté vivant en RDC, cela n’a jamais fait l’objet d’inquiétude chez les Bahemba en Zambie, comme c’est le cas avec les tutsi congolais et le Rwanda ?‘’, s’est interrogé le gouverneur.
Fortement attaché à la cohabitation pacifique entre communautés vivant au Nord-Kivu, le gouverneur Julien Paluku a voulu par cette occasion appeler ses interlocuteurs à appréhender ensemble les différentes facettes de cette crise. Il en a même parlé avec différentes couches de la population. Il y a quelques mois, opérateurs économiques, acteurs politiques et ceux de la société civile, étudiants ont, grâce à ces échanges, mieux compris les réalités longtemps biaisées par les ennemis de la paix. Il a été question entre autres de l’accord du 23 mars 2009 avec le CNDP.
Des alibis pour justifier la guerre
Devant ces responsables du monde scientifique, le gouverneur du Nord-Kivu, lui-même enseignant d’université, s’est attelé à éclairer la lanterne de l’auditoire. ‘’ Rien de secret n’a été négocié ou conclu avec le CNDP. Le gouvernement s’est efforcé de respecter scrupuleusement cet accord ‘’. Au contraire, dixit le gouverneur, c’est le CNDP (incarné aujourd’hui par le M23, NDLR) qui n’a pas tenu ses promesses ‘’. Bien qu’accepté et enregistré légalement comme parti politique et en dépit de l’intégration politique et militaire de ses cadres. ‘’ Des officiers issus de ce groupe ont été intégrés avec leurs grades dans les rangs des FARDC. La loi d’amnistie a été votée et promulguée, les prisonniers politiques libérés. Ses cadres politiques, ont été placés dans l’administration publique. A titre d’exemple, un cadre CNDP a été nommé administrateur à Kalehe, un autre à Sekebanza et deux autres comme assistants à Nyiragongo et à Masisi ; en plus d’un ministre nommé au sein du gouvernement provincial, qui malheureusement a quitté son poste pour rejoindre le M23 ‘’, a rappelé Julien Paluku. Malheureusement, a ajouté l’autorité provinciale, le CNDP foulant au nez et aux pieds le même accord, qu’il prétend ironiquement défendre, a fait recours à la lutte armée, sous la bannière du M23. »
En plus, il met en avant – comme l’indique son cahier des charges déposé au président Museveni – le mandat d’arrêt contre Bosco Ntaganda et la question des élections de novembre 2011. Des alibis, somme toute et qui suscitent beaucoup d’interrogations. Que viennent faire les élections de novembre, postérieures à l’accord du 23 mars 2009 ? En outre, en voulant mordicus défendre Bosco Ntaganda contre les poursuites judiciaires de la CPI, cela dénote une contradiction chez les ‘’rebelles’’ Car l’on sait tous que Sultani Makenga, coordonnateur militaire du M23 et plusieurs autres officiers du M23, ont toujours nié être avec le général déchu Bosco Ntaganda.
Des contradictions en contradictions qui prouvent à suffisance que le M23 monté à la va vite n’a rien de concret comme revendications et qu’il n’est que la face cachée de l’iceberg dont le Rwanda détient seul le secret de la vraie image. La conception d’un plan intermédiaire évolutive en cas d’éventuel échec des démarches diplomatiques, la construction d’une mentalité évolutive chez les jeunes, qui passe par le renforcement de l’éducation civique ; la mise sur pied des mécanismes diplomatiques appropriés vers les pays présumés agresseurs, sont entre autres recommandations émises par les responsables de ces institutions d’enseignement supérieur et universitaire.
A l’issue de cette rencontre avec la société savante, Julien Paluku a compris la nécessité de renforcer l’éducation civique au sein des institutions d’enseignement à tous les niveaux. Cela enfin de permettre à la jeunesse congolaise tout en grandissant d’avoir de l’amour pour sa patrie. Déterminer à éclairer l’opinion nationale et internationale sur les prétendues revendications de cette rébellion, dénouées de tout fondement, le gouverneur Julien Paluku, promet d’aller expliquer point par point, l’exécution par le gouvernement de cet accord du 23 mars 2009, au président en exercice de la CIRGL à Kampala en Ouganda.
Le Gouverneur Julien Paluku Kahongya dément catégoriquement toute prétendue coopération avec les FDLR. : Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, Julien Paluku Kahongya a, au cours d'un point presse tenue ce jeudi 05 juillet, en sa résidence officielle, démenti catégoriquement les allégations faisant étant d'une prétendue coopération de sa part avec les rebelles rwandais des forces démocratiques pour la libération du Rwanda, Fdlr. Au cours de ce face-à-face avec la presse, l'autorité provinciale a tout d'abord éclairé l'opinion au sujet des efforts entrepris par la République Démocratique du Congo dans le cadre du rapatriement des rebelles et autres réfugiés rwandais ... lire la suite
COMMUNICATION DU GOUVERNEMENT DE LA RDC SUR LA SITUATION SECURITAIRE AU KIVU. : Le 30 avril 2012, une mutinerie éclatait dans trois unités des FARDC au Nord et au Sud Kivu. D’anciens membres de groupes armés intégrés récemment dans l’armée avaient déserté avec leur ancien chef, Bosco Ntaganda, pour tenter de lancer une énième rébellion armée à l’Est. On observera peu après des tentatives similaires ... lire la suite