Goma, le 15-09-2009
Les deux Chambres du Parlement entament ce mardi la session ordinaire de septembre : une session qui s'annonce cruciale ! La session ordinaire de septembre du Parlement s'ouvre ce mardi au Palais du Peuple qui va renouer avec les séances parlementaires cette fois de tous les enjeux au regard des dossiers cruciaux mis en veilleuse à la fin de la session d'avril, mais incontournables à la présente Fin des vacances parlementaires. Rentrée politique qui sera incontestablement marquée par la session parlementaire du mois de septembre. Une session pas comme les autres tant elle est d'abord budgétaire : le projet de Budget 2010 devrant être déposé, constitutionnellement parlant, ce mardi 15 septembre. Ensuite, cette rentrée parlementaire est précédée d'une vive tension sociale à classer dans la farde des «dossiers brûlants ». Mais au-delà, il faut déjà songer aux prochaines échéances électorales. Ça bouge de ce côté-là. Voilà les trois raisons majeures qui placent cette session parlementaire sous le signe de tous les enjeux. Peut-être aussi de tous les dangers.
Demain mardi 15 septembre sera caractérisé par la rentrée parlementaire pour la session de septembre. Une session essentiellement budgétaire conformément à la Constitution. Le gouvernement devra déposer demain le projet de Budget 2010. Quand on connaît l'importance d'un budget dans le fonctionnement d'un Etat, il s'agit là d'un problème capital et surtout d'une obligation constitutionnelle.
Evidemment, la question est celle de savoir si le gouvernement respectera cette échéance ? Ce serait une première dans l'histoire de la République démocratique du Congo si le gouvernement tenait à ses engagements. Or, en jetant un coup d'œil sur les préparatifs budgétaires, on doute fort que cette échéance soit respectée. En fait, la date de demain sera également marquée par la rencontre de Londres avec le Club de Paris. C'est au terme de cette conférence que le gouvernement sera à même de dire s'il a rempli les engagements pris avec le FMI dans la perspective de la signature d'un nouveau programme économique qui dégagerait des appuis budgétaires extérieurs à inclure dans le présent projet de Budget 2010. Ensuite, savoir si les différents créanciers de la RDC qui font partie du Club de Paris ont accepté d'alléger la dette pour disposer des ressources additionnelles substantielles.
Rentrée politique
Rentrée parlementaire, mais également rentrée politique. L'examen du projet de Budget 2010 soulèvera un débat houleux. Tout simplement parce qu'avant d'entrer dans le vif du sujet, il sera d'abord question de jeter un coup d'oeil rétrospectif sur l'exécution du budget 2009. Ce qui conduira à s'interroger sur les raisons fondamentales qui n'ont pas permis au gouvernement de présenter le « Collectif budgétaire » comme cela a été promis. Entre les deux aspects du problème, il n'est pas exclu que les parlementaires trouvent une brèche pour évoquer l'aspect lié à leurs émoluments, c'est-à-dire leurs salaires dont le paiement connaîtrait des perturbations.
Auparavant, il ne serait pas surprenant que l'on revienne sur la motion de méfiance de l'honorable Clément Kanku contre le Premier ministre. Cette motion, selon la lettre du président de l'Assemblée nationale, le professeur Evariste Boshab, a été retenue parmi les priorités dans le cadre des arriérés législatifs.
Or, l'examen de cette motion soulèvera un autre débat tout aussi houleux à l'Assemblée nationale et soumettra la majorité présidentielle, c'est-à-dire l'AMP, à une dure épreuve sur le plan de la cohésion. Ou elle exprimera son soutien au Premier ministre pour que la coalition AMP-PALU ne vole pas en éclats, ou elle lâchera le Premier ministre pour céder ce poste à un cadre du PPRD. Une telle évidence conduira à un remaniement ministériel tant évoqué ces dernières semaines et que de son côté, le PALU aura à tirer toutes les conséquences qui s'imposent.
Ce n'est pas du tout une question facile d'autant plus vrai qu'elle est liée à la tension sociale qui prévaut actuellement dans le pays et que le gouvernement a du mal à maîtriser. Allusion faite à la grève des médecins qui vient d'être radicalisée et susceptible de provoquer une « crise politique ». Outre les médecins, il y a également la menace des enseignants quand on sait que les derniers « décrets » de Monseigneur Monsengwo sur le « Fonds de solidarité » dans les écoles conventionnées catholiques, la situation de précarité des parents devant des frais scolaires exorbitants constituent une autre « bombe politique à retardement ». L'Opposition ne se fera donc pas prier pour bondir sur ces opportunités et tirer à boulets rouges sur le gouvernement et la majorité au pouvoir.
Le compte à rebours
Mais ce qui rend cette session intéressante, c'est qu'elle marque déjà le compte à rebours de la présente législature. Si les comptes sont bons, il ne restera plus que trois sessions parlementaires, à partir de celle-ci pour que les prochaines élections générales soient organisées. C'est-à-dire les sessions de septembre 2009, mars 2010 et septembre 2010.
Or, il faudra commencer par boucler la boucle du processus électoral de 2006 avec l'organisation, avant la fin de cette législature, des élections locales et municipales. Des élections qui serviront de test à celles de 2011.
Ce qui explique déjà cette ambiance pré - électorale que l'on observe en ces moments à travers le pays. Nombreuses formations politiques et leaders politiques sont déjà en campagne électorale. En d'autres termes, la présente session parlementaire pourrait servir de « tremplin politique » afin de permettre à quelques formations politiques et leaders de jeter les jalons d'une campagne électorale très attendue et de se positionner politiquement. Voilà qui explique toute l'attention que l'on accordera à l'arriéré législatif se rapportant à la mise en place de la Commission électorale nationale indépendante, CENI, pour remplacer la CEI de l'Abbé Malumalu.
Tous ces faits parlent d'eux-mêmes. La session parlementaire qui s'ouvre demain mardi 15 septembre est celle de tous les enjeux. Majorité présidentielle et opposition doivent manoeuvrer habilement pour commencer à marquer des points. Il en est de même des leaders politiques, car tous ont désormais les yeux tournés vers le rendez-vous de 2011.
Session de tous les dangers dans la mesure où la recomposition probable du paysage politique, surtout au Parlement après les événements de la session du mois de mars 2009, aura un impact sur ce rendez-vous, que l'on voudrait qu'elle soit une fois de plus historique.
Des étincelles en l'air !
Demain s'ouvre au Palais du peuple, siège de l'Assemblée nationale et du Sénat, la session ordinaire du mois de septembre. Elle marquera à la fois la rentrée parlementaire et la rentrée politique après quasiment un silence dû à deux mois de vacances parlementaires. Deux mois qui ont certainement permis aux élus du peuple de tâter, une fois de plus, le pouls du terrain pour rencontrer les préoccupations de leurs électeurs.
La caractéristique de cette session, c'est qu'elle est essentiellement budgétaire. Certes, il existe des arriérés législatifs à prendre en compte. Mais le gros du travail consistera à examiner le projet du Budget 2010 dans le but de relever les défis de la reconstruction nationale.
Nul ne sait encore de quoi sera fait ce budget. Mais des voix s'élèvent pour demander aux élus du peuple qui viennent de rentrer des vacances parlementaires d'attacher une attention particulière à tout ce qui touche à la paix politique, à la paix sociale, à la sécurité et à l'intégrité territoriale. Sur ces points, les élus du peuple ont l'obligation morale et politique d'être hautement responsables et non complaisants.
Il s'agit pour eux de relever les insuffisances du gouvernement afin d'enrichir le travail élaboré et faire en sorte que toutes les observations soient retenues et exécutées.
Au fait, il ne s'agit nullement d'une question de « majorité ou d'opposition ». L'heure est à la reconstruction nationale, à la réhabilitation de l'autorité de l'Etat, au recouvrement de la crédibilité de l'Etat tant sur le plan national, régional qu'international. Aussi, chaque camp doit jouer sa partition dans l'intérêt général du pays pour mieux gérer toutes ces opportunités qui s'offrent ces derniers mois à la République démocratique du Congo.
Le Parlement congolais a un rôle prépondérant à jouer. Pas question d'être l'otage d'une quelconque alliance pour favoriser la médiocrité et faire sombrer le pays dans le chaos. Le Congo, mieux le peuple congolais a besoin d'une majorité et d'une opposition d'excellence en vue de relever les défis de la reconstruction nationale. En fait, il est temps que l'on ne se fasse plus d'illusion. Le compte à rebours a effectivement commencé pour la fin de cette législature. Plus que trois sessions parlementaires pour boucler la boucle.
Qu'a-t-on fait de ces quatre années ? Qu'est-ce que les élus du peuple ont fait de cette confiance manifestée envers eux par leurs électeurs ? Des interrogations pertinentes auxquelles faudra-t-il trouver des réponses satisfaisantes à partir de cette session parlementaire. Elle est donc cruciale.
(DN/Milor/GW/Yes)
Le Potentiel
La Rédaction
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