Accord de paix entre le Gouvernement et le CNDP
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NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU

Goma, le 22-04-2009

Rôles de la majorité et de l'opposition

L'après-17 avril, au regard des élections qui ont abouti au renouvellement du Bureau de l'Assemblée nationale, est placé désormais sous le signe de la continuité, du renouveau et du changement. Continuité parce que c'est l'AMP qui continue à diriger. Renouveau : c'est sous ce signe que le Professeur Evariste Boshab a placé son mandat pour améliorer le travail parlementaire. Enfin, changement, c'est cette obligation de résultats afin de rendre l'Assemblée nationale performante et de la mettre au service du souverain primaire.

e trouve ce premier message encourageant. Il constitue une manifestation découlant de cette volonté de quitter les sentiers battus ; de s'engager résolument dans la voie de la bonne gouvernance au regard des réalités politiques qui guident les actions de toute majorité au pouvoir.

En effet, lorsque l'on parcourt « Les dialogues de Platon » contenus dans sa trilogie, « La République », l'on note ce qui suit : « Il n'est pas possible pour l'homme de mettre de l'ordre dans sa vie en société s'il ne met pas d'abord de l'ordre dans sa vie intérieure ; que personne n'est apte à gouverner les autres tant qu'il n'est pas capable de se gouverner lui-même ».

Montesquieu, ce célèbre philosophe français dans «De l'esprit des lois » s'est appesanti longuement sur la « distribution des pouvoirs ». Selon Pierre Manent, il n'y a principalement chez Montesquieu que deux pouvoirs : l'Exécutif et le Législatif : « Les deux pouvoirs sont soutenus par deux partis qui ne peuvent mécaniquement pas prendre l'avantage l'un sur l'autre ». Plus tard, il évoquera le troisième pouvoir : le Judiciaire

Platon et Montesquieu ont énoncé là les principes de la théorie politique universelle. On ne peut donc plus inventer la roue, mais savoir comment s'y adapter dans la vie politique réelle.

Si je puis me permettre de quitter le monde des philosophes pour revenir sur terre, je dirais tout simplement « qu'il n'est pas possible à l'AMP et Alliés de mettre de l'ordre dans la vie politique congolaise si l' AMP et Alliés ne mettent pas de l'ordre dans leur propre camp. L' AMP et Alliés ne seraient aptes à gouverner les autres tant qu'ils ne seraient capables de gouverner leur plate-forme ». De même, dans la distribution des pouvoirs, il y a le Législatif et l'Exécutif. Les deux ne peuvent mécaniquement pas prendre l'avantage l'un sur l'autre. Il faut absolument respecter la séparation des pouvoirs.

C'est dire que dans cette volonté de rénover, de changer et de s'inscrire dans l'obligation des résultats, les députés de la majorité doivent savoir comment s'y prendre. Eviter de s'illustrer dans des interpellations, questions orales, écrites et commissions d'enquête dirigées contre leur propre camp, comme s'ils tenaient à prendre de l'avantage sur le gouvernement qui, en fait, n'est que leur émanation. Cette initiative doit être laissée à l'Opposition qui a l'obligation politique de jouer le « contre-pouvoir » pendant que la majorité est appelée à soutenir les actions du gouvernement. C'est une règle d'or et une consigne dans toutes les démocraties. Sinon, quel sens donnerait-on à une majorité qui s'amuse à donner des coups de boutoir à son propre gouvernement, à jouer au vedettariat ?

Il ne s'agit donc là que d'une question de logique parlementaire à laquelle il faudrait se conformer. Sauf en cas de manquement grave de l'Exécutif ou de l'un de ses membres. Ou encore en cas de l'échec de la politique gouvernementale tracée par la famille politique.

Loin de moi l'idée de réduire l'Assemblée nationale à une caisse de résonance. Mais interpeller surtout l'Opposition qui devrait désormais jouer son rôle de « gendarme politique» pour une meilleure gestion de la Cité et de la chose publique. C'est la raison même de son statut.

Contrairement à ce que j'ai vécu jusqu'à ce jour dans les débats parlementaires où l'on a vu la Majorité jouer le rôle de l'Opposition, pour des raisons inavouées, seules des questions de souveraineté nationale peuvent les réunir au nom de l'intérêt supérieur de la Nation. Allusion faite à l'unité nationale, à l'intégrité territoriale, à toute agression extérieure contre notre pays, et à l'aliénation du patrimoine national.

C'est là, la théorie et la pratique politiques universelles qui guident les actions de toutes les nations modernes. Agir autrement, c'est s'inscrire dans cette logique dangereuse d'entretenir la spirale des crises.

Par Modeste MUTINGA

Sénateur

 

 

La Rédaction

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