Goma, le 11-03-2011
Mobutu Nzanga révoqué : Pour le gouvernement, un bon débarras
La décision est finalement tombée. François Mobutu Nzanga est révoqué. Le leader de l’Union des mobutistes (Udemo) a été révoqué de ses fonctions de vice-premier ministre et ministre de l’Emploi, Travail et de la Prévoyance sociale. L’ordonnance du Chef de l’Etat est venue régulariser une situation de fait créée par François Mobutu Nzanga qui, depuis des mois, a brillé par des absences à la suite d’un déplacement prolongé en dehors du pays. Dans une certaine opinion, Nzanga Mobutu aurait choisi ce dernier moment pour se repositionner en prévision des élections de 2011. Cette rumeur qui circulait dans le pays selon laquelle, en l’absence de JP Bemba détenu à La Haye, Mobutu Nzanga ambitionnerait de s’offrir l’électorat du leader du Mlc se vérifie. Mais, ce qui est étonnant, c’est que le fait d’être au gouvernement ne l’enchaînait pas au point de l’empêcher de se représenter à la présidentielle en novembre 2011.
Les raisons du départ de Nzanga sont à chercher ailleurs, notamment dans son incapacité de fournir un bilan personnel. Car, de l’avis de ceux qui ont eu à travailler avec lui, Nzanga Mobutu a brillé par une certaine incapacité de se mettre à la hauteur de ce qu’on attendait de lui. Il avait fallu qu’il parte du département de l’Agriculture pour que son remplaçant donne au département des couleurs à la mesure des attentes du pays.
Nzanga se retrouvera chargé des besoins de base avant d’aller à l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. Joseph Kabila, comme un entraîneur qui ne voulait pas se débarrasser d’un joueur dont l’apport n’était pas clair, l’aura essayé à tous les postes. Joseph Kabila, en tant que chef de la majorité Amp-Palu-Udemo, aura démontré qu’il est un homme de parole. Il aura joué la carte de fidélité avec Nzanga jusqu’au bout en dépit des positions parfois controversées du leader de l’Udemo. Dans le dossier du bureau de l’Assemblée nationale pour remplacer le bureau, l’Udemo s’est démarqué au point de perdre le quota au bureau de la chambre basse du parlement.
L’Udemo a également montré sa mauvaise humeur dans la répartition des postes à la Ceni. Les alliés de l’Amp n’ayant eu qu’un poste à se partager, réalisme politique aidant, l’Udemo a vu le poste aller au Palu. Le mariage entre l’Udemo et l’Amp n’était pas voué à un avenir meilleur. C’est finalement un bon débarras. Le leader de l’Udemo a choisi de sortir par la petite porte. Que reste-t-il de la coalition ? Apparemment, il n’est pas question que Nzanga Mobutu se fasse remplacer au gouvernement. Ce qui ne changera rien tant dans les calculs que dans l’avenir de la coalition qui devient plus acceptable, plus limpide. On parlera désormais de la coalition Amp-Palu.
L’Avenir
|