Goma, le 02-07-2010
Après une longue marche, la RDC accède au point d’achèvement de l’initiative PPTE
C’est fait ! La RDC a enfin été admise au point d’achèvement de l’initiative PPTE. Beau cadeau d’anniversaire donc pour le pays qui vient de fêter il y a 48 heures le Cinquantenaire de son indépendance. La Banque mondiale, qui se réunissait en Conseil d’administration hier jeudi 1er juillet à Washington, a agi dans le sens du FMI, qui, un jour avant, s’est prononcé favorablement pour la RDC. Soulagement pour tout un peuple qui, depuis des années, consent des sacrifices pour se débarrasser du poids d’une « dette odieuse » de près de 13 milliards Usd. Pris pour un mythe par les plus sceptiques, le point d’achèvement est aujourd’hui une réalité pour un peuple qui, même dans les moments de détresse, a continué à croire que « l’impossible n’est pas congolais ».
La République démocratique du Congo vient d’obtenir le visa pour l’annulation de près de 90% de sa dette extérieure. La moisson n’est pas moindre, car elle équivaut à environ 10 milliards Usd en, valeur actuelle nette. De quoi faire jubiler non seulement tout un peuple, mais surtout le gouvernement qui se retrouve avec une importante manne financière à affecter aux grands projets sociaux inscrits dans les « cinq chantiers » de la République.
C’est hier jeudi dans la soirée, alors que nous mettons sous presse, que la nouvelle est tombée. Le premier à donner le ton sur cette lancée a été le FMI qui s’est, le mercredi 30 juin 2010, alors que toute la RDC vibrait au rythme du cinquantenaire de l’indépendance, prononcé en faveur de la RDC, indiquant, au terme de la réunion de son Conseil d’administration, que « la RDC a pris les mesures nécessaires pour atteindre le point d’achèvement au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) ». Le Conseil d’administration suspendait cependant la décision finale à la sentence de la Banque mondiale. Aussi, indiquait-il, que « cette décision sur le point d’achèvement est subordonnée à une décision similaire du Conseil des administrateurs de la Banque mondiale; un communiqué de presse conjoint sera publié ensuite ».
Depuis hier jeudi dans la soirée, la Banque mondiale a levé toute équivoque sur le sujet. Réunis en Conseil d’administration à son siège de Washington, les 24 administrateurs de la Banque mondiale ont rendu leur verdict, en faveur de la RDC, admettant ipso facto la RDC au point d’achèvement de l’initiative PPTE, confirment des sources internes du ministère des Finances. Ainsi, officiellement, la RDC est désormais bénéficiaire de l’annulation de près de 90% de sa dette. Ce qui, en valeur actuelle nette, équivaut à environ 10 milliards Usd. Une manne financière dont la RDC a grandement besoin en ce temps de reconstruction suivant les axes prioritaires tracés au travers de « cinq chantiers » de la République.
A Kinshasa, les décisions du FMI, d’abord, et de la Banque mondiale, par la suite, ont été accueillies avec faste. Pas de commentaires cependant au ministère des Finances, encore moins à la Banque centrale du Congo, deux points focaux qui ont été sur tous les fronts pour l’atteinte de ce point d’achèvement.
Le premier à réagir publiquement à cette décision des institutions de Bretton Woods a été le secrétaire général du PPRD et président de l’Assemblée nationale, le professeur Evariste Boshab. Devant les militants du PPRD, réunis hier jeudi 1er juillet au siège du Parti dans la commune de la Gombe, le professeur Evariste Boshab a salué cette décision. Selon lui, « le point d’achèvement est la résultante d’une politique économique responsable, d’une gestion des finances publiques soucieuse du devenir du peuple congolais ». Aussi, a-t-il défendu avec ardeur que les performances, aujourd’hui saluées par le FMI, « ne sont pas le fruit des jeux politiques, mais plutôt la suite d’un engagement irréversible de notre président à œuvrer en faveur d’une gouvernance responsable ».
« Maintenant, que 10 milliards de dollars américains de dette extérieure non justifiée seront allégés, le peuple congolais va s’engager, unis derrière son chef, dans une phase encore plus décisive de la mise en œuvre des cinq chantiers de la République », a-t-il lancé devant une foule en délire.
NOUVELLES DIRECTIVES DU FMI
Depuis Washington et après les débats du Conseil d’administration du FMI sur la RDC, John Lipsky, premier directeur général adjoint et président par intérim, a reconnu que les autorités de la RDC ont exécuté de manière « satisfaisante leur programme économique en dépit d’une situation économique, sociale et sécuritaire difficile », convaincu que « la RDC a rempli les conditions pour atteindre le point d’achèvement au titre de l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et est admise à bénéficier d’un allégement de la dette supplémentaire au titre de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale (IADM) ». Cet allégement réduira, selon lui, considérablement la charge de la dette du pays et permettra de dégager la marge de manœuvre budgétaire nécessaire pour des programmes de lutte contre la pauvreté.
Cependant, pour préserver la viabilité de la dette après l’allégement de la dette au titre de l’initiative PPTE renforcée et de l’IADM, estime-t-il, « il faudra gérer la dette prudemment ». Le FMI, qui tient à la stabilité du macro-économique, pense que le plus dur est à venir. Car, le point d’achèvement ne rime pas avec les entrées massives des devises. Il équivaut juste, rappelle-t-on, à des économies internes des ressources du fait de non remboursement de dette – décision du reste irrévocable au niveau du FMI et de la Banque mondiale.
Ce n’est pas pour rien que le FMI pense qu’« Il sera essentiel de bien appliquer les mesures de mobilisation de recettes et de s’en tenir strictement aux engagements de dépenses et aux plans de trésorerie afin d’atteindre les objectifs budgétaires ».
Craignant, par ailleurs, la résurgence d’un nouveau cycle d’endettement, le FMI a appelé les autorités congolaises à chercher à « satisfaire leurs besoins de financement extérieur à l’aide de dons et de prêts très concessionnels ».
Les mesures prises récemment pour améliorer la coordination entre la Banque centrale et le Trésor en ce qui concerne la gestion des liquidités devraient, pense-t-il, « contribuer à bien maîtriser les agrégats monétaires ». Le FMI a également salué la voie choisie par la RDC pour accélérer les réformes structurelles visant à renforcer la gestion économique et la réaction de l’offre.
A noter que c’est le 11 décembre 2009 que le Conseil d’administration avait approuvé formel en faveur de la RDC l’accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit pour un montant de 346,45 millions de DTS, équivalent à environ 512,36 millions Usd, soit 65 % de la quote-part du pays au FMI.
Par Faustin Kuediasala
lepotentiel.com
La Rédaction
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