Goma, le 05-03-2010
De la plainte contre le lieutenant colonel Innocent ZIMURINDA des FARDC
Dans une plainte publiée ce 1 er mars 2010 par 51 ONG dont 50 sont congolaises et une ONG internationale (Human Rights Watch), le Lieutenant Colonel Innocent ZIMURINDA du 23 ème Secteur Opérationnel des Forces Armées de la RDC basé en territoire de Masisi est accusé de 9 griefs à savoir :
- Massacre de Buramba (Rutshuru, Nord-Kivu), mars 2007
- Meurtres de civils et exécution en masse de prisonniers au sein et autour des positions de la Brigade mixte Bravo à Rubare, à Katwiguru et à Kiseguru, février à août 2007
- Massacre de Kiwanja (Rutshuru, Nord-Kivu), novembre 2008
- Massacre de Shalio (territoire de Walikale, Nord-Kivu), avril 2009
- Responsabilité directe et de commandement de Zimurinda dans le recrutement d'enfants et leur enrôlement dans des troupes placées sous son commandement, 2009
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- Viols et exécutions arbitraires dans le sud-ouest du territoire de Masisi, 2009-2010
- Travaux forcés, 2009-2010
- Expulsions forcées et arrestations arbitraires, 2009
- Imposition de taxes illégales, 2009-2010
Madame Anneke Van Woudenberg , de HRW, dans une émission à la radio onusienne (radio okapi) de ce jeudi 4 mars 2010 demande la suspension immédiate de cet officier qui s'est illustré, selon elle, dans la commission de beaucoup d'abus depuis 2007 jusqu'à ce jour.
Pour sa part, le Gouverneur de la Province du Nord-Kivu, l'Honorable Julien PALUKU KAHONGYA a reconnu effectivement que plusieurs violations des droits de l'homme ont été constatées dans sa province qui a traversé ses moments les plus traumatiques ces dernières années. Le Gouverneur a rappelé tout de même que le commandement opérationnel des opérations KIMIA II et actuellement celui de AMANI LEO a déjà mis en place un mécanisme de vérification de toutes les allégations.
C'est ainsi que par sa lettre du 23 octobre 2009, le Général Major Dieudonné AMULI BAHIGA, Coordonnateur des Opérations AMANI LEO a créé la commission conjointe de vérification ayant les missions suivantes :
- Vérifier conjointement et immédiatement toute allégation contre les droits humains portés à la connaissance de la Coordination de l'opération KIMIA II et ou de la MONUC par n'importe quelle source ( Organisme Human Rights Watch et autres ONG de défense de droits humains)
- A l'issue de chaque réunion, adresser au Coordonnateur de l'opération KIMIA II et au Chef d'Etat-Major Adjoint QG avancé MONUC un rapport conjointement signé par la composante MONUC et celle des FARDC. Ce rapport comprendra l'analyse des faits et des propositions concrètes.
- Contacter régulièrement Human Right Watch et d'autres Organismes de défense des droits de l'homme pour s'assurer du comportement de nos Mil sur terrain vis-à-vis de la population et de leurs obligations pour la restauration de l'autorité de l'Etat, et faire ce rapport
En province du Nord-Kivu, la partie congolaise est dirigée par le Colonel Christophe MPUTU MPENDE, Magistrat près de la Cour Opérationnelle Militaire créée il y a quelques temps par Son Excellence Joseph KABILA, Président de la République.
Le Gouverneur Julien PALUKU a révélé que la Cour Opérationnelle Militaire a rendu, depuis le 8 février 2010, une dizaine d'arrêt condamnant les militaires ci-après :
- Adjudant Chef HABIMANA Théophile, unité basée à Ngungu, condamné à 5 ans de servitude pénale principale pour violation de consigne. Ce militaire a imposé à M.RAFIKI SEBUAGE, enseignant de l'école primaire de RUZIRANTAKA, de transporter contre son gré un fardeau de patates douces. Fait dénoncé par des ONG et Députés.
- Adjudant Chef BAGOMWA Nestor, condamné à 6 mois de servitude pénale principale pour violation de consigne. Avoir quitté son unité à KATALE MASISI sans autorisation de son Chef.
- Monsieur KASHUSHANO Innocent, condamné à 10 ans de SPP pour vol d'arme de guerre
- Sous Lieutenant LUTUNU MWANA, condamné à 20 ans de servitude pénale principale pour viol commis à KATALE/RUTSHURU sur un garçon mineur d'âges. Fait dénoncé par la MONUC.
- Sous Lieutenant MBULU KIALA, condamné à 5 ans de SPP pour arrestation arbitraire d'une femme à NUMBI (Sud Kivu)
- Adjudant Chef DUSENGIMANA Emmanuel, condamné à mort pour meurtre sur deux personnes à CHAMUTUNDWE entre KISHARO et KATWIGURU
- Adjudant MANIKIZA Charles, peine de mort pour meurtre à KANGANDO
- Sgt MUTUYIMANA Valence, peine de mort pour meurtre d'un officier et d'un sous officier (adjudant) à KIWANJA
- Sgt BAHATI AMANI, peine de mort pour meurtre du pasteur BARIYANGA HAKIZUMWAMI dans la localité de MURAMBI (RUTSHURU) après lui avoir imposé de transporter quatre sticks.
- Soldat de 2 ème classe BURAMATESO, peine de mort pour meurtre et tentative de meurtre à MUGOMBA (près de RUMANGABO)
Ceci démontre à suffisance que la justice congolaise a mis la main à la pate et que la politique de tolérance zéro décrétée par le Chef de l'Etat s'applique déjà au Nord-Kivu.
L'Autorité Provinciale a souligné cependant que dans la gestion du processus de paix, l'on se retrouve en face de deux défis majeurs :
- Le défi de la consolidation de la paix et
- Le défi de la lutte contre l'impunité.
Julien PALUKU, tout en acceptant le principe de la lutte contre l'impunité, a rappelé tout de même la nécessité de verser la plainte sus évoquée dans la commission conjointe de vérification instituée par le Commandement Opérationnel des opérations actuelles dites AMANI LEO.
Au demeurant, la politique de la tolérance zéro continuera à s'appliquer aux congolais où qu'ils se trouvent et qui qu'ils soient.
La Communauté Internationale est invitée à continuer son soutien aux efforts de pacification de l'Est de la RDC sans lesquels la restauration de l'Autorité de l'Etat ne restera que vain mot.
La reforme du secteur de sécurité est plus qu'une urgence et les fonds annoncés par la Communauté Internationale devraient être rapidement débloqués au lieu de servir une sorte de « SHOW » international.
La Rédaction www.provincenordkivu.org |