Goma,
le 28-11-2008
RDC: le
Conseil de Sécurité a examiné
la possibilité
de modifier
le mandat de la MONUC

La possibilité de modification du mandat de
la Mission de l’Organisation des Nations unies
en République Démocratique du Congo
(MONUC) a été, le 27 novembre 2008 à
New York, au centre des discussions entre les membres
du Conseil de Sécurité, auxquelles a
participé le Représentant spécial
du Secrétaire général de l’ONU
pour la RDC, Alan Doss.
Les membres du Conseil de Sécurité
et représentants de la France, du Royaume-Uni,
de la Jamahiriya arabe libyenne, des États-Unis,
de la Chine, de l’Indonésie, du Vietnam,
de l’Italie, du Costa Rica, du Rwanda, de l’Afrique
du Sud et du Burkina Faso, qui examinaient jeudi la
situation de l’est de la République Démocratique
du Congo, sur la base d’un rapport spécial
du Secrétaire général des Nations
unies, Ban Ki-moon, en présence du ministre
belge des Affaires étrangères, Karel
De Gucht, ont souligné la nécessité
qu’il y a pour la MONUC de changer son mandat.
Le délégué de
la France a demandé que soit "réaffirmé
le caractère prioritaire de la protection des
civils", réclamant aussi une "clarification"
des relations entre la Mission et les forces armées
de la RDC (FARDC). Avec d’autres, il a jugé
indispensable que la MONUC s’attaque également
à la question de l’exploitation des ressources
naturelles par les parties aux combats.
Il y a "absence quasi-totale
de toute autorité de l’Etat’’,
a indiqué le Ministre des Affaires étrangères
de Belgique, alliant ce déficit politique et
l’abondance des richesses naturelles et leur
exploitation à des fins de guerre. Il faut
"pleinement tenir compte de ces causes dans la
formulation du mandat de la MONUC afin de pouvoir
maximiser son efficacité", a estimé
M. De Gucht.
Sur l’absence de l’autorité
de l’État, le représentant de
la France a voulu que les autres activités
de la Mission ne soient pas menées au détriment
de la protection des civils. Un transfert progressif
de certaines tâches actuelles de la MONUC à
l’Équipe de pays des Nations unies ou
aux partenaires bilatéraux pourrait permettre
à la Mission de concentrer davantage son action
à l’est, a-t-il dit en annonçant
que la France allait préparer un projet de
résolution en ce sens.
La MONUC devrait pouvoir prendre
seule des mesures contre les groupes armés,
a insisté le représentant français.
L’armée congolaise, a renchéri
le Ministre belge des affaires étrangères,
peut "difficilement constituer le seul socle
de notre stratégie contre les groupes armés,
qu’ils soient étrangers ou congolais".
Le Ministre s’est dit favorable
à une éventuelle action européenne
en appui à la MONUC. La Belgique, a-t-il affirmé,
pourra prochainement annoncer une contribution au
niveau des moyens de transport, de la collecte et
du traitement des renseignements et dans le domaine
de la formation.
Quant à l’exploitation
des ressources naturelles par les groupes armés,
le chef de la diplomatie belge a estimé que
l’action de la MONUC pourrait se faire dans
un cadre plus large où la communauté
internationale appuierait les autorités congolaises
à rétablir leur contrôle sur les
ressources naturelles. Cela pourrait se concrétiser,
a-t-il ajouté, par des "mécanismes
de traçage ou de certification".
Le Représentant spécial
du Secrétaire général pour la
RDC et Chef de la MONUC, Alan Doss, a aussi souligné
la nécessité d’aller aux racines
du conflit, qui, selon lui, n’ont pas été
traitées jusqu’ici. Il s’est félicité
des efforts actuels de l’ancien Président
du Nigéria, Olusegun Obasanjo, que le Secrétaire
général de l’ONU a nommé
Envoyé spécial dans la région
des Grands Lacs. Tous les intervenants ont fait de
même, plusieurs d’entre eux dont le représentant
de la Fédération de Russie, estimant
que ces efforts avaient déjà porté
des fruits.
Le représentant de la RDC
l’a aussi reconnu avant de répéter
que le processus de Nairobi et de Goma offre "des
bases crédibles" de rétablissement
de la paix dans une région dont il a attribué
la crise à "un chef de guerre qui continue
de défier en toute impunité la communauté
internationale…".
Rappelons que par sa résolution
1843 du 20 novembre dernier, le Conseil avait autorisé
l’augmentation temporaire des effectifs militaires
et policiers de la MONUC pour faire face à
la crise dans le Nord-Kivu. Aujourd’hui, le
Représentant spécial du Secrétaire
général a fait observer que ces renforts
ne seront pas sur le terrain avant deux mois.
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La Rédaction |