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NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU
 

Goma, le 24-10-2008

Sommet de Swaziland : Kabila implique

la SADC face à l’agression



Un plan de dépeuplement des populations de l’Est pour créer de l’espace comme ce fut le cas autrefois pour l’Israël en Palestine mis à nu. Outre le soutien diplomatique et humanitaire, la Communauté pour le développement des Etats de l’Afrique australe opte pour le renforcement des capacités de défense de la RDC. Une fois de plus, face au silence jugé complice et même coupable de la Communauté internationale, c’est la Communauté de développement des Etats de l’Afrique australe (SADC) qui vient à la rescousse de la RDC en proie à une agression portant la signature du Rwanda. L’organisation sous-régionale précitée entend mettre les bouchées doubles pour éviter que l’agression à laquelle fait face la RDC ne contribue à déstabiliser toute la région. Pendant ce temps, révélation pour révélation, le plan de dépeuplement des populations de l’Est, à l’instar des Palestiniens face aux Israéliens en 1948, a été mis à nu.

On en sait un peu plus sur la fameuse guerre dite de Nkunda à l’Est de la RDC. Au cours du sommet de la Troïka de l’organe politique, défense et sécurité de la SADC, lundi dernier au Swaziland, la Communauté de développement des Etats de l’Afrique australe a clairement affiché sa solidarité et son appui face à l’agression dont est victime le Congo-Kinshasa. Car, au-delà de l’insurrection de Nkunda et consorts, la vérité a éclaté au grand jour: c’est bel et bien le Rwanda qui agresse la RDC. La voix de la RDC a donc été entendue, Joseph Kabila ayant convaincu ses pairs de la SADC en leur expliquant, carte sur table, que ce qui arrive à la RDC est comparable à un cancer qui peut se propager dans la région. Eu égard à sa position géostratégique au coeur du continent, les effets en RDC peuvent se ressentir dans la région. Autrement dit, si la RDC entre dans un cycle de déstabilisation, cela aura des effets multiplicateurs dans la région alors que les pays africains n’ont qu’un seul ennemi, à savoir la faim, la pauvreté.

Un plan de dépeuplement des populations de l’Est de la rdc mis a nu

La catastrophe humanitaire en RDC frise un génocide qui ne dit pas son nom depuis le déclenchement des hostilités par Laurent Nkunda et son sponsor, c’est-à-dire le régime rwandais. Voilà qui a indigné la SADC. Mais, au-delà d’une simple agression, il existerait tout un plan de déstabilisation des populations de l’Est de la RDC. Selon notre consoeur Colette Braeckman du journal belge “Le Soir”, on assisterait à une stratégie empruntée à l’implantation forcée de l’Israël en territoire palestinien en 1948. Les Congolais sont forcés à quitter leur milieu de vie, leurs champs pour être amenés ailleurs sans champ ni assistance et donc condamnés à une mort certaine, explique la journaliste belge. Mais, malheureusement, révèle-t-il, cette stratégie d’extermination se fait à huis clos, la Communauté internationale tardant toujours à réagir. La consoeur belge, dont on ne peut soupçonner d’être sentimentalement impliquée dans la crise de l’Est, a tiré la sonnette d’alarme dans sa livraison du 15 octobre dernier.

Allant même plus loin, Colette Braeckman a comparé le peuple du Kivu chassé de ses terres aux Palestiniens et a déploré le silence complice de la Communauté internationale qui ne reconnaît pas encore l’agression du Rwanda, exactement comme lors de la guerre de 1998 où la main du Rwanda était pourtant visible à travers la guerre dite de libération. Bien entendu, cette ignorance voulue vise à ne pas permettre à la RDC de se défendre face à l’agression et à ne pas bénéficier du soutien des alliés. Au finish, le plan en question viserait à revoir les frontières congolaises à l’Est comme ce fut le cas pour Israël en Palestine. Pourtant, déplore-t-on, les faits seraient bel et bien connus de tous, y compris de la Communauté internationale qui feindrait de tout ignorer.

Le soutien diplomatique, militaire et humanitaire de la Sadc à la Rdc

Révoltée par une énième agression du Rwanda face à la RDC, le sommet de Mbabane n’y est pas allé par le dos de la cuillère. Au plan diplomatique, tous les pays de la SADC apportent leur soutien à la RDC et cette organisation sous-régionale se dit disposée à appuyer le Congo-Kinshasa pour sa stabilité et donc contre toute forme de déstabilisation. C’est pourquoi, le président de l’organe politique, défense et sécurité a été chargé de prendre toutes sortes de contact pour le retour de la paix en RDC. Au plan militaire, la SADC s’est prononcée pour le renforcement des capacités de défense de la RDC en renforçant, notamment, la capacité des Fardc qui sont confrontées à une guerre injuste. Au plan humanitaire, avec environ un million cinq cent mille déplacés internes, le drame à l’Est de la RDC a atteint le niveau de catastrophe humanitaire. Voilà qui a poussé la SADC à s’engager à impliquer les différentes structures pour mettre fin à cette catastrophe. Comme on le voit, la SADC a pris conscience du danger qui guette la RDC et l’ensemble de la sous-région.

Voici, en intégralité, la depêche de la journaliste Belge.
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Kivu : une équation mortelle que nul ne veut briser

Un million deux cent mille réfugiés, plus qu’au Darfour et dans de pires conditions. Deux Etats en voie de reconstruction, le Rwanda et le Congo, sur le point de partir en guerre. Des milliards de dollars, consacrés au maintien de la paix, à la pacification, aux élections démocratiques, dépensés en vain. Tout cela à cause d’une équation mortelle qui s’est nouée au Kivu au lendemain du génocide rwandais et que la communauté internationale a contribué à poser, comme une bombe à retardement.

Après que le régime Mobutu, sous la pression internationale, a accepté d’héberger les auteurs du génocide et leurs suivants, le Rwanda se sentit en droit d’attaquer le Kivu et d’y poursuivre ses adversaires acharnés. Aujourd’hui, quelques milliers de combattants hutus sont toujours là, ils terrorisent les populations congolaises, exploitent les ressources, les exportent via le Rwanda et servent de justification à Laurent Nkunda, un chef tutsi qui... terrorise les populations congolaises, exploite les ressources, les exporte vers le Rwanda et crée une zone tampon sur la frontière...

Pour tenter de briser ce cercle vicieux, les résolutions de l’ONU n’ont pas manqué, ni les Casques bleus aujourd’hui redéployés dans l’Est, ni les facilitateurs européens et américains, ni les humanitaires, et MM. Solana, De Gucht ou Ban Ki Moon ont fait connaître leur préoccupation. La seule chose qui manque, c’est la volonté de prendre le problème à bras le corps, de le résoudre une fois pour toutes : traquer les Hutus génocidaires et les envoyer chez eux ou ailleurs, neutraliser Nkunda, verrouiller la frontière, bloquer le commerce des minerais.

Qu’ils soient Indiens ou Pakistanais, les Casques bleus ne veulent prendre aucun risque : s’agit-il vraiment des seules troupes disponibles ? Pourquoi l’Europe, qui a financé les élections, n’achève-t-elle pas le travail de pacification en envoyant une force musclée et mandatée, comme naguère l’Opération Artemis dans l’Ituri ?

Le peuple du Kivu, chassé de ses terres, est à nouveau en danger de mort (et fait quelquefois penser aux Palestiniens) : serait-il sacrifié, par qui et pourquoi ? Qui ne dit mot consent, qui ne fait rien est complice. Un jour, la communauté internationale devra s’expliquer.

Colette Braeckman

 

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La Rédaction
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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