Goma, le 07-12-2009
Ce matin devant le Congrès ; Kabila 3 ans : Plus un état de la Nation qu'un bilan
C'était le 6 décembre 2006 que le premier président congolais élu aux suffrages universels directs dans un système multipartite, Joseph Kabila avait prêté serment. Jour pour jour, il totalise trois ans à la tête des institutions issues des élections libres, démocratiques, transparentes et multipartites. Trois ans à la tête des institutions. Cependant, il fallait attendre quelques mois pour que le Chef de l'Etat se donne l'outil de travail qu'est le gouvernement.
Un gouvernement accouché dans la douleur
La coalition étant disparate, la composition du gouvernement n'a pas été une tâche facile. Antoine Gizenga, premier Premier ministre de cette législature trouvera la solution dans la gestion des ambitions en se dotant un gouvernement de près de 60 membres. C'était la première difficulté de ce gouvernement. Ceux qui s'attendaient à être là de droit se sont vus écartés. Gizenga voulait travailler avec des gens pas très connus mais qui seraient capables de s'inscrire dans la politique et l'action du gouvernement. On connaît l'expression « yandi ve » que d'aucuns ont considéré comme un affront. Il fallait un autre gouvernement. Gizenga 2 voit revenir certains fossiles de la politique nationale, mais réduit l'assiette.
Faute d'un autre gouvernement, il fallait que Gizenga lui-même parte. Les flèches empoisonnées lui viennent de la majorité. Finalement, il démissionne. La lutte pour la primature traduit le moindre degré de cohésion dans ce gouvernement. Joseph Kabila pose le premier geste qui tranche avec les habitudes politiques du pays. Il tient parole en nommant le remplaçant du Palu pour succéder à Gizenga. On était loin de penser que la coalition se mettrait d'accord autour de Adolphe Muzito en dépit des résultats obtenus dont le Chef de l'Etat est le meilleur juge.
Un gouvernement, des missions précises
Il donne au gouvernement Muzito des missions précises. La plus importante, mettre fin à la guerre. La guerre, s'occuper du social. Comme le social ne se décrète pas, il fallait au gouvernement, sous la houlette du Chef de l'Etat, atteindre le point d'achèvement en conciliant cet objectif avec le développement des infrastructures à travers la coopération sino-congolaise.
La relance des « Cinq chantiers n'est plus une utopie ». Chaque jour les travaux pour la construction des infrastructures sont lancés. Ce sont les infrastructures qui concrétisent le développement et améliore le social. D'aucuns réduisent le social aux salaires dans un pays où moins de 20% travaillent dans le formel. Les autres sont dans l'informel et ils on besoin d'infrastructure pour participer à la création des richesses et donc améliorer leur social.
Le paysan du Bandundu pourra bientôt en une journée atteindre le marché kinois et rentrer chez lui s'il le veut. On peut en dire autant sur différents axes. Dans un avenir proche, on pourra partir de Moanda au Bas-Congo jusqu'à Kasumbalesa au Katanga en voiture. Les opérateurs économiques de Kisangani peuvent aller en un temps record du chef-lieu de la province Orientale à Goma. Ce sont là des bases de l'amélioration du social. Car, en effet, le rôle de l'Etat n'est pas de distribuer des richesses, mais de créer des conditions pour la participation à la création et à la distribution des richesses.
Une raison pour la majorité d'être fière
Sans être exhaustifs, ces quelques faits mettent Joseph Kabila à l'aise. Contrairement à un discours négativiste d'une certaine opposition, l'Etat de la nation que le Chef de l'Etat va faire aujourd'hui devant le Congrès, est rassurant. Le discours du Chef de l'Etat n'appelle aucun débat. Ce ne sera pas à proprement parler une occasion de faire le bilan, mais d'indiquer différentes pistes de l'action à venir.
Politicien à la moralité éprouvée en ce qui concerne la parole donnée, Joseph Kabila va certainement parler de prochaines élections. Une question de préparer une alternative. Les locales que d'aucuns croyaient renvoyées aux calendes grecques s'inviteront à ce débat. En ce qui concerne les élections générales de 2011, Joseph Kabila a donné le ton à la réunion interinstitutionnelle de Mbuji Mayi. Il n'y aura pas de prolongation. Ceux qui auront passé le mandat à chanter, devront apprendre à danser maintenant.
La situation à l'Equateur, le départ de la Monuc, la poursuite des Cinq chantiers de la République seront sans aucun doute au rendez-vous. Il va de soi que Joseph Kabila va parler des relations entre les institutions du pays. On attend qu'il aborde la problématique de la révision constitutionnelle. Pour nombre d'observateurs, c'est l'occasion ou jamais pour que le Chef de l'Etat apporte la lumière sur cette affaire de la commission des experts sur la révision de la Constitution.
Le remaniement ministériel
Même si ce n'est pas le lieu indiqué, on attend que Joseph Kabila dise ce qu'il pense du remaniement ministériel tant attendu pour des raisons évidentes. Il faut ne fut-ce que combler des postes restés vacants.
Le Chef ne pourra pas ne pas parler de la politique de tolérance zéro qui fait couler beaucoup d'encre et de salive. Dans une certaine opinion, on estime que les prisons n'ont pas été suffisamment ouvertes. Mais, lorsqu'il y en une qui s'ouvre, on assiste à un tollé général. On croirait qu'une certaine opinion a ses prisonniers qu'elle souhaite voir derrière les barreaux. On se fait ainsi une mauvaise compréhension de la tolérance zéro en faisant croire qu'elle ne concernerait que les acteurs du secteur public.
Le Chef de l'Etat abordera également la question liée à la corruption. Cela entre dans le cadre de la trilogie qui sous-tend son action, à savoir, Démocratie-Bonne gouvernance- Droit de l'homme. Joseph Kabila ne le dira jamais assez, la réalisation de cet objectif passe par l'instauration d'une justice juste.
Joseph Kabila va-t-il encore faire le procès de la magistrature ou va-t-il dire ce qui en est après la réforme opérée ? A la même occasion, Il est possible que garant du fonctionnement des institutions du pays, sans empiéter au sacro-saint principe de la séparation des pouvoirs, le Chef de l'Etat fasse remarquer une certaine dérive en matière des contrôles parlementaires. On a l'impression que c'est devenu plus une formalité qu'un vrai moyen de garantie la bonne gouvernance. Ce ne sera pas en tout cas, un crime de lèse majesté.
La situation sécuritaire
La situation humanitaire à l'Est de la Rdc, l'opération Kimia 2, les relations avec la Monuc, avec les pays voisins, seront sans aucun doute au menu du discours du Chef de l'Etat. Au moment où il y a des éclaircis à l'Est de la Rdc, la situation s'empire à Dongo dans la province de l'Equateur. On parle à ce jour de plus de 74 000 déplacés fuyant la violence dans la localité de Dongo à l'Equateur.
Beaucoup de ces déplacés arrivent au Congo-Brazzaville dans un grand dénuement. Il y a certes sur place des sites d'hébergement et que les agents humanitaires s'affairent à apaiser la misère de ces déplacés, mais, il faut éviter un tassement de la situation en donnant du travail aux humanitaires dans le cdre de « no war, no job ».
Jusque-là, le gouvernement a continué à croire qu'il faudrait une action de police. Et pourtant les signes d'une rébellion fortement armée sont visibles. Il est plus que temps d'utiliser les grands moyens pour mettre hors d'état de nuire ces inciviques.
La possibilité d'une intervention militaire, bien que provoquant de plus en plus des déplacés, ne doit en aucune façon être abandonnée. Surtout, il faut éviter de mêler la Monuc dans cette affaire. On sait qu'elle produira des rapports pour dénoncer des exactions contre les civils, qui peut encore faire foi à ces rapports manipulateurs ?
Il faut agir et vite
Dès à présent, la crainte d'une opération militaire entre les FARDC et les insurgés Enyele dans la localité doit être comme ne visant pas une ethnie, mais des gens qui ont pris des armes pour troubler la paix dans cette partie du territoire congolais.
Le Chef de l'Etat ne manquera pas de s'étonner de l'évolution de ce conflit qui, au départ, avait-on ouï dire, opposait des communautés autour de la gestion des étangs poissonneux. Ce conflit a pris les allures d'une revendication politique mal ficelée faute de vraie motivation au point de provoquer le déplacement de plus ou moins 92 000 personnes depuis octobre dernier. Ces incidents, comme l'avait souligné le chef de l'Etat dans son discours à Mbuji Mayi, n'auront pas raison de la détermination de la Rdc de sortir du sous-développement.
Joachim Diana G.
Trois ans après son investiture, Kabila : cap vers le Point d'Achèvement de l'Initiative PPTE-R
C'est hier dimanche 06 décembre 2009 que le Chef de l'État Joseph Kabila Kabange, a fêté son troisième anniversaire depuis qu'il a été investi à la tête de la République démocratique du Congo. Un jour après, soit le 07 décembre, il prononça un discours devant la Nations, le Monde et l'Histoire. Un discours d‘ambition pour l'avenir. Aujourd'hui lundi 7 décembre 2009, le Chef de l'État va faire son discours devant le congrès, discours n'appelant pas de débat, aux termes de la Constitution de la République.
A ce jour, tout semble sourire au président de la République : la région de l'Est du pays a presque retrouvé la paix, en dépit de quelques poches d'insécurité. La reconstruction du pays est en marche et les cinq chantiers permettront aux congolais d'améliorer sensiblement leurs conditions de vie, même s'il reste encore beaucoup à faire.
Sur le volet économique, le gouvernement est obligé à maintenir sa politique actuelle, ne jamais recourir à la planche à billet et dépenser uniquement sur base caisse. Toutefois, seul le social des congolais pose problème. L'espoir est permis avec l'atteinte du Point d'Achèvement de l'Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés l'année passée. L'ardoise de la dette de la Rdc étant effacée, Kabila aura des ressources nécessaires pour s'occuper du social des congolais.
Comme on peut bien le constater, 2010 aura déjà débuté, la course pour les locales aura été lancée. Les bases ont été posées par la conférence interinstitutionnelle de Mbuji-Mayi. Aujourd'hui lundi, Kabila ne va abonder que dans le sens des préparatifs de ces élections, en attendant celles de 2011. Aussi, la question du financement de ces échéances ne pourra pas l'échapper, sans pour autant manquer d'insister sur le calendrier de ces élections attendues de tout le monde.
Que dire de cette législature qui tend vers sa fin ? Elle aura été somme toute une avancée sur beaucoup de points, même si elle n'a pas à ce jour trouvé toutes les réponses à toutes les promesses. C'est le cas de la paix qui, peu à peu s'installe dans le pays malgré certaines poches de résistance. A l'Est encore et toujours, des peurs justifiées se font sentir, surtout lorsque le pays est obligé d'accueillir certains de ses enfants refugiés ailleurs, mais qui reviennent lourdement armés.
A Dongo à l'Equateur, localité où Joseph Kabila Kabange venait de séjourner trois jours durant pour prendre lui-même la température. L'opinion pense qu'il a pris la mesure de ce conflit qui n'est qu'interethnique pour qu'il ne dégénère pas. Surtout lorsqu'on sait que les différentes guerres que le pays a connu, ont toujours eu comme sous-bassement, un conflit interethnique. Dans la même logique, nous pouvons aussi épingler le cas du climat désormais normalisé avec les pays voisins, notamment le Rwanda et l'Ouganda avec lesquels l'échange d'ambassadeurs a eu lieu.
Kabila a la carte blanche pour les élections de 2011
A ce jour, le sphinx de Limete, Etienne Tshisekedi wa Mulumba est presque écarté de la course. Ceci, après qu'il se soit rendu en Belgique pour des soins. Son parti, l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), est miné par ses querelles de leadership. Dans ces conditions, l'on ne voit pas un candidat valable qui puisse faire ombrage à Joseph Kabila. De son côté, le Chairman Jean-Pierre Bemba Bemba Gombo, président national du Mouvement pour la libération du Congo (MLC), se trouve en ce moment à la prison de La Haye, en attendant son procès qui devra commencer en avril 2010.
Au pays, son parti politique, maillon principal de l'Opposition au sein du Parlement, connait une crise qui n'augure pas un bel avenir. Dans cette optique, on voit mal un candidat émerger de cette masse pour faire l'unanimité de tous les partis politiques membres de l'Opposition. Comme constat, tous les leaders de l'Opposition sont presque éloignés et Joseph Kabila a carte blanche pour les élections de 2010. Du côté des indépendants, jusque-là, il n'y a pas de candidats qui se sont faits annoncer. Ils attendent peut-être la veille pour pouvoir exploiter quelques thèmes propres à eux.
La majorité gagne tout
En ces moments, on peut dire que l'opinion assiste à un combat disproportionné où la Majorité gagne tout sur son passage. Cela, à cause de la politique impulsée par son autorité morale, Joseph Kabila qui permet à ses troupes de tout gagner. A ce jour, la majorité gagne toutes les 11 provinces du pays, avec la tombée dans ses mains du dernier bastion resté aux mains de l'opposition, la province de l'équateur désormais dirigée par Jean-Claude Baende. Grâce à cette synergie, la Majorité a sauvé plus d'un de ses membres. Le dernier cas en date, est celui de l'honorable Pius Muabilu qui a sauvé in extremis le Premier ministre, Adolphe Muzito.
Toutefois, l'AMP doit éviter cependant de consacrer une promotion des antivaleurs, des pratiques qui doivent être punies par la famille si l'idée est de sauver la famille. C'est ici qu'intervient l'idée de l'intérêt général. Ainsi, l'action de l'AMP ne sera jugée comme efficace que lorsqu'elle va aller dans le sens de la sauvegarde de l'intérêt général, le bien-être collectif. Il revient donc aux dirigeants de l'AMP et s'ils veulent que leur chef soit réélu en 2011, de saisir la balle au bond et d'aller de l'avant en mettant, dans ce dernier sprint, de l'engagement dans les secteurs qui fâchent : l'économie, donc la monnaie, les prix des produits de base, le social, les services de base (électricité, eau transport, etc.).
L'échec comme nous le disons, est orphelin. En 2011, il va falloir que Président de la République seul, et lui seul, défende son mandat pour le renouvellement de la confiance du peuple. Voilà pourquoi, l'équipe qu'il s'est choisie va l'accompagner dans la concrétisation de l'ambitieux programme pour le développement du pays.
2010 : une année sociale
La procédure qui mène au Point d'Achèvement de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés aura été longue, mais les fruits commenceront à être récoltés d'ici l'année prochaine. Ainsi, grâce au Chef de l'État Joseph Kabila, le Club de Paris a transmis le dossier de la Rdc au Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) qui devra signer un programme formel avec le pays de Lumumba. D'après les échos qui nous parviennent de cette Institution de Bretton Woods, la Rdc atteindra le Point d'Achèvement au plus tard au mois de mai 2010. En contrepartie, le pays va voir sa dette effacée d'environ 90%. Ce qui permettra à Kabila de s'occuper sérieusement du social des congolais.
Pour être plus concret, disons qu'une fois la dette de la Rdc est effacée, ce pays post-conflit aura droit à des appuis budgétaires. Ce qui aura comme conséquence d'augmenter significativement le montant du budget de l'État qui est à ce jour évalué à environ 5 milliards de dollars américains. En plus, au lieu de payer environ 50 mille dollars chaque mois au titre de remboursement de la dette, Kabila va utiliser cet argent pour le consacrer aux dépenses pro-pauvres, c'est-à-dire, les dépenses qui touchent directement la population congolaise. Joyeux anniversaires au Président de la République !
Jean-Marie Nkambua
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Last edited: 04/12/2009 15:54:19
La Rédaction
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