NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU
 

Goma, le 06-09-2009

CAP SUR BERLIN : la délégation du Nord Kivu à la découverte du pays de BISMARCK

Avant de poursuivre sa tournée de plaidoyer en faveur de sa province, le Gouverneur Julien PALUKU est arrivée ce vendredi soir a Berlin où il a poursuivi sa mission le samedi 05 sept 2009.

Les contacts amorcés à Düsseldorf ont eu comme point de chute la ville de Berlin, Capitale de l'Allemagne et considérée comme épicentre de toute l'activité économique.

La journée de ce samedi a été mise à profit pour approfondir les questions relatives au déblocage par l'Allemagne de 50 millions de dollars en faveur des zones sortant de conflits armés et les modalités de pouvoir bénéficier rapidement de cette enveloppe si colossale.

La journée s'est clôturée par une série de visites :

Voici le reste du mur de BERLIN :le BRANDEMBURGERTOR

 

 

  •   Le symbole des tombes juives
  •   Les grandes universités notamment l'université HUMBOLDT où des contacts ont été pris avec le milieu universitaire pour la vision 20-20 du Gouvernement Provincial du Nord Kivu à savoir la formation de 20 docteurs de thèse d'ici 2020


Julien avec le couple de Prof.Dr. Susanne Gehrmann de l'université de HUMBOLDT

 

COUP D'ŒIL SUR BERLIN  

Berlin est devenue la capitale de l'Allemagne dès le 3   octobre   1990 , il a fallu un vote très tendu et très serré au Bundestag pour que la décision soit prise de transférer effectivement les institutions de Bonn à Berlin. Le transfert du gouvernement et du chancelier à Berlin a eu lieu en 1999 . L'unification des Bundesländer de Berlin et de Brandebourg a été rejetée par référendum en 1996 : si les Berlinois se sont exprimés en faveur de la fusion avec une majorité de 53,6 % , la proposition a été massivement rejetée dans le Brandebourg avec 62,7 % d'opposition . Pour les promoteurs de cette proposition, l'objectif était de créer une région-capitale importante ; le projet reste d'ailleurs d'actualité, et une nouvelle consultation devrait se tenir quand l'opinion sera jugée prête par les dirigeants politiques.

Berlin, ville-État

Du point de vue institutionnel, Berlin est une ville-État ( Stadtstaat ) où coïncident dans les mêmes organes et sur le même territoire les compétences de l'administration municipale et celles des États-membres ( Länder ) qui composent la fédération. Hambourg et Brême possèdent une organisation similaire.

En tant que Land , Berlin envoie quatre représentants au Conseil fédéral ( Bundesrat ) où elle participe ainsi au vote des lois nationales. La ville dispose de pouvoirs administratifs étendus, mais également de pouvoirs législatifs, pouvant réglementer par ses propres normes un ensemble très étendu de domaines. Ainsi, le Land a compétence sur pratiquement tous les domaines (l'éducation, la culture, la planification, l'aide sociale, les transports), à l'exception de ceux exclusifs du Bund , l'État fédéral. La puissance de la ville-État se manifeste également par l'importance de son budget, même si le service de la dette y tient une place considérable. Car en 2006 , le montant de la dette s'élevait à 60 milliards d'euros.

Comme les autres Länder , Berlin est dotée d'une constitution dont le respect par les lois du Land est contrôlé par son Tribunal constitutionnel. Remplaçant le précédent texte qui datait de 1950, l'actuelle Constitution de Berlin date de 1995. Elle est moderne, accordant notamment une attention particulière à l'environnement.

DE LA CONFERENCE DE BERLIN

La conférence de Berlin fut l'organisation et la collaboration européenne pour le partage et la division de l'Afrique. Considéré par les Européens comme une terre sans maître, l'immense continent noir est partagé comme une vulgaire tarte aux pommes... sans que les habitants, pas plus que les pommes, aient leur mot à dire dixit JOSEPH SAVES.

Cette conférence débuta le 15 novembre 1884 à Berlin et finit le 26 février 1885 . À l'initiative de Bismarck , l' Allemagne , l' Autriche-Hongrie , la Belgique , le Danemark , l' Espagne , la France , le Royaume-Uni , l' Italie , les Pays-Bas , le Portugal , la Russie , la Suède-Norvège et la Turquie ainsi que les États-Unis y participèrent. Une conférence antérieure initialisa le débat sur la conquête des Congos et amorça ainsi le début des luttes coloniales. La conférence de Berlin aboutit donc à édicter les règles officielles de colonisation. L'impact direct sur les colonies fut une vague européenne de signature de traités.

Contexte

Pendant de longues années, l'intérieur du continent africain, souvent difficile d'accès, n'a pas intéressé les puissances européennes qui se contentaient d'y établir des escales ou des comptoirs de commerce. Dans la seconde moitié du XIX e  siècle , l'appétit européen est stimulé par la découverte de richesses insoupçonnées, à l'image des mines de diamants du Transvaal découvertes en 1867. Durant les années 1880, les visées colonisatrices européennes en l'Afrique s'intensifient jusqu'à créer des tensions entre les différentes puissances. En 1881, la France occupe la Tunisie , froissant au passage la susceptibilité de l' Italie , pose ses premiers jalons dans les territoires constituant l'actuelle République du Congo et s'empare de la Guinée en 1884 après en avoir évincé les Portugais . En 1882, le Royaume-Uni s'empare de l' Égypte , une province de l' Empire ottoman avant de se tourner vers le Soudan et l'actuelle région du Somaliland (que les colonisateurs dénommeront en 1884 Somalie britannique ). En 1885, l' Italie prend possession d'une partie de l' Érythrée , alors que l' Allemagne déclare en 1884 avoir pris possession du Togo , du Cameroun , du Sud-Ouest africain (l'actuelle Namibie ) et de l' Afrique orientale allemande en 1885.

La concurrence engendrée par l'exploration du bassin du Congo (1874-1877) d' Henry Morton Stanley , qui efface l'une des dernières terra incognita de la carte du continent , conduira à l'organisation de la conférence de Berlin. En 1876, la conférence de géographie de Bruxelles (12-19 septembre 1876) avait été convoquée par le roi des Belges Léopold II afin d'envoyer des expéditions au Congo pour les motifs présumés d'y abolir la traite des Noirs maintenue par les musulmans et, selon ses propres termes, de « civiliser » le continent africain. Elle aboutira à la création de l' Association internationale africaine . Dès 1878, le roi Léopold II de Belgique saisit l'occasion de la traversée du continent de Stanley en l'invitant à se joindre aux travaux de la nouvelle association.

En 1878, la Belgique a aussi créé l' Association internationale du Congo qui présente des objectifs plus explicitement économiques ; elle reste toutefois en relation avec l'Association internationale africaine qui lui offre un paravent philanthropique. Stanley est chargé de retourner au Congo avec la mission secrète d'établir un État, le futur État indépendant du Congo , dont il serait le souverain au nom de l' Association internationale africaine .

Dans le même temps, la France a affirmé son intérêt pour la région : l'officier Pierre de Brazza a remonté le bassin du Congo pour fonder Brazzaville en 1881. Le Portugal, qui s'appuie sur des traités antérieurs signés avec l' Empire Kongo , revendique une souveraineté sur ces mêmes territoires. Il passe le 26 février 1884 un accord avec le Royaume-Uni pour bloquer l'accès de l' océan Atlantique à l' Association internationale du Congo . Le Portugal, sentant qu'il allait rapidement être évincé d'Afrique, émit l'idée d'une conférence internationale pour le partage de cette région. L'idée fut immédiatement reprise par l'Allemagne avec le chancelier Bismarck qui convoqua la Conférence de Berlin le 14 novembre 1884.

La conférence

Bismarck se pose en médiateur de la crise, profitant de l'occasion pour affirmer un peu plus le rôle central de l' Allemagne dans le concert des nations. Quatorze puissances participent aux débats : Allemagne , Autriche-Hongrie , Belgique , Danemark , Empire ottoman , Espagne , France , Grande-Bretagne , Italie , Pays-Bas , Portugal , Russie , Suède . Les peuples et les rois africains sont tenus à l'écart de toutes les discussions. La conférence présente un ordre du jour plus large que la simple question congolaise. On y parle principalement de la liberté de navigation et de commerce ainsi que des modalités d'installation sur les côtes.

Deux conceptions s'opposent. D'un côté, Bismarck entend garantir la liberté de navigation et de commerce dans toute la zone. De l'autre, le président du conseil français Jules Ferry , soutenu par les Portugais , conçoit les colonies comme un monopole commercial détenu par la métropole. Au final, la conférence établit une liberté de commerce élargie dans les bassins du Congo et du Niger , mis à part dans le domaine du transport d'armes.

Les frontières du nouvel État sont fixées : au total, Léopold II de Belgique reçoit, à titre personnel, deux millions et demi de kilomètres carrés qui deviendront l' État indépendant du Congo 5 . Au nord-ouest de l'État ainsi formé, 500 000 km² reviennent à la France (il s'agira du Congo-Brazzaville ). La France se voit aussi attribuer la partie intérieure du Niger dont le Royaume-Uni contrôle le delta. Du côté allemand, on espère que les concessions territoriales faites à la France atténueront le ressentiment né de la perte de l' Alsace-Lorraine à la suite de la guerre franco-allemande de 1870 . Le Portugal abandonne ses prétentions au nord de l'estuaire du Congo, sauf en ce qui concerne l'enclave de Cabinda.

Réglementation

Acte général

Son « acte général », le 23 février 1885 , établit les points suivants :

  • Toute puissance européenne installée sur la côte peut étendre sa domination vers l'intérieur jusqu'à rencontrer une « sphère d'influence » voisine. Mais le traité exclut le système de l' hinterland qui permet l'annexion automatique de l'arrière-pays par un État maîtrisant son littoral.
  • Il ne peut y avoir annexion que par l'occupation effective du terrain et les traités conclus avec les populations indigènes doivent être notifiés aux autres nations colonisatrices.
  • Liberté de navigation sur les fleuves Niger et Congo , et liberté de commerce dans le bassin du Congo.
  • Interdiction de l' esclavage .
  • Reconnaissance de l' État indépendant du Congo , territoire appartenant en propre au roi Léopold II de Belgique (et qui deviendra une colonie belge en 1908 ). La France obtient la reconnaissance de son autorité sur la rive droite du Congo et de l'Oubangui.

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La Conférence de Berlin rappelle l'interdiction de la traite et invite les signataires à contribuer à son extinction.

La notion de «  sphère d'influence  » apparaît pour la première fois dans un traité international à cette occasion.

Découpages bilatéraux

  • Portugal - Royaume-Uni  : le gouvernement portugais présente un projet connu sous le nom de «  Carte rose  » dans lequel les colonies de l' Angola et du Mozambique étaient réunies sur un axe est-ouest. Tous les pays réunis, à l'exception du Royaume-Uni , sont prêts à entériner ce projet. En 1890, le gouvernement britannique, en violation du traité de Windsor et du traité de Berlin lui-même, lance un ultimatum qui force les Portugais à se retirer de la zone située entre les deux colonies. Cet espace sera une dizaine d'années plus tard occupé par la Rhodésie de la BSCA britannique.
  • France - Royaume-Uni  : une ligne courant depuis Say au Niger jusqu'à Baroua , sur la côte nord-est du lac Tchad , détermine la zone dévolue à chacun des deux pays. La France se voit doter du territoire situé au nord de cette ligne, et le Royaume-Uni la zone au sud de la limite. Le bassin du Nil reste la propriété des Britanniques. De plus, entre le onzième et le quinzième degré de longitude , la frontière passera entre le royaume du Ouaddaï , qui sera français, et le Darfour au Soudan , qui sera britannique. En réalité, une zone tampon de 200 kilomètres est mise en place entre le vingt-et-unième et le le vingt-troisième parallèles. Le contentieux sera levé en 1898 à l'issue de la crise de Fachoda .
  • France - Allemagne La zone située au nord de la ligne formée par l'intersection du quatorzième parallèle et Miltou est considérée comme française, celle située au sud est allemande.
  • Royaume-Uni - Allemagne La ligne de démarcation entre les colonies des deux pays est formée par une ligne passant par Yola , sur la rivière Bénoué , Dikoa , en remontant jusqu'au lac Tchad .
  • France - Italie L'Italie se voit attribuer la zone comprise dans le quadrilatère formé par le Tropique du Cancer , le quinzième parallèle, et les dix-septième et vingt-et-unième méridiens .

Conséquences

La conférence de Berlin n'a pas partagé l'Afrique entre les puissances coloniales, elle ne fait qu'établir les règles de ce partage . Mais elle n'a pas pu empêcher les conflits entre colonisateurs, comme le montrent la crise de Fachoda , en 1898 et les crises marocaines de 1905 et 1911 .

QUI EST BISMARCK

Otto Eduard Leopold von Bismarck - Graf von Bismarck , puis Fürst von Bismarck-Schönhausen, Herzog von Lauenburg - comte de Bismarck, puis prince de Bismarck-Schönhausen et duc de Lauenburg ( 1 er  avril 1815 — 30   juillet   1898 ), fut ministre-président de Prusse de 1862 à 1890 . Il unifia l' Allemagne par une série de guerres et devint le premier chancelier ( 1871 - 1890 ) de l' Empire allemand . Homme politique conservateur, aristocrate protestant et monarchiste, Bismarck combattit à l'intérieur les catholiques, une partie des libéraux et le mouvement social-démocrate montant des années 1880 en interdisant plusieurs organisations ; il institua une retraite obligatoire et une assurance santé et accident pour les travailleurs avec pour but recherché de calmer la classe ouvrière et de la dissuader de rejoindre le mouvement socialiste . A l'extérieur il mena après la proclamation de l'Empire allemand une realpolitik attachée au maintien de la paix européenne pour maintenir à l'abri la nouvelle puissance allemande.

 

La Rédaction

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