Goma, le13-04-2009
Les raisons du choix de Boshab
 Evariste Boshab a été désigné candidat du Pprd à la présidence de l'Assemblée nationale. C'était de la même façon qu'avait été désigné Vital Kamerhe. Choisir, c'est une chose difficile lorsqu'on a devant soi des milliers d'ambitions. Choisir par définition, c'est procéder par élimination. Comme après le choix de Vital Kamerhe hier, beaucoup d'autres qui ambitionnaient ce poste avaient dû y renoncer, d'autres doivent le faire aujourd'hui. . Renoncer ce n'est pas facile aussi. Surtout si on n'est pas imprégné de la philosophie du « compréhensionisme ».
Est-ce une raison de faire le deuil ? Non certainement. C'est pourquoi le discours selon lequel le Pprd serait divisé après ce choix, n'a pas de sens. Car, visiblement, après l'annonce de la candidature de Boshab, on n'a vu personne déclarer publiquement qu'il n'acceptait pas ce choix ? Quand bien même qu'il y aurait des gens qui n'auraient pas accepté ce choix et se seraient tus, est-ce une raison pour eux d'empêcher que le choix de Evariste Boshab soit porté et soutenu par toute la majorité au moment des élections ?
Dans certains milieux on fait craindre qu'au moment du vote, les députés aigris puissent voter en leur âme et conscience contre le choix du parti. Pour ce faire, on fait brandir ce qui était arrivé à Léonard She Okitundu. Malgré la majorité reconnue au Pprd et allié au Sénat, le candidat du Pprd avait perdu les élections devant Kengo wa Dondo. L'opposition mise sur ce cas pour présenter à chaque poste un candidat. A l'opposition on est convaincu qu'on pourra exploiter les prétendues divisions au sein de la majorité pour remporter certains postes, si pas tous, au bureau de l'Assemblée nationale. On présente par conséquent l'opposition comme mieux organisée, plus unie que la majorité. La réalité est toute autre. Si l'opposition était aussi organisée et unie comme on le fait croire, il y a longtemps qu'on aurait résolu le problème de coordonnateur de l'opposition. Bien plus, la présentation des candidats de l'opposition a démontré l'absence de la cohésion au sein de ce corps politique. Pour se mettre d'accord, il faudra passer par le brassage. Par contre, la majorité s'est montrée plus organisée et plus unie. Chaque parti politique n'a présenté qu'un seul candidat à chaque poste.
I n'y a donc pas lieu d'assister à l'effondrement de la majorité au profit de l'opposition. C'est une question de survie politique comme coalition. Il y a certes certaines frictions dues aux choix opérés dans tel ou tel autre parti politique, mais il n'y a pas de raison de considérer que c'est la fin du monde. Lorsque Kamerhe avait été désigné, Boshab avait des ambitions peut être, mais il s'est tu. Il a accepté le poste de secrétaire général du parti. Aujourd'hui il est candidat du parti à l'Assemblée nationale ? Qu'est-ce qui dit que les non choisis d'aujourd'hui ne le seront pas demain ? Il n'y a pas de raison de jeter le pavé dans la marre. Au contraire, c'est le moment ou jamais pour la majorité de se sentir unie et solidaire. Car, la confiance dont il jouit de la part de l'autorité morale de la majorité et initiateur du PPRD, devrait augurer une bonne collaboration entre l'Assemblée nationale et les responsables des autres institutions. Les revendications légitimes des Députés trouveront facilement des solutions auprès de l'exécutif. Comme l'a reconnu Yerodia, le parcours politique du candidat PPRD au perchoir renseigne qu'il est tout sauf un homo novus en politique. Evariste Boshab, alors frais et moulu de la Faculté de Droit à l'Unikin, a fourbi ses armes dans l'ombre d'un autre Evariste, professeur d'université, à l'occurrence Mabi Mulumba qui, on l'a vu, a applaudit sincèrement ce choix. . Son indépendance d'esprit n'en fait pas moins un homme loyal, idéologiquement très sûr.
Joachim Diana G.
La Rédaction
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