Goma, le 28-12-2010
Elections 2011 : J. Kabila va composer avec qui ?
*Le départ de Vital Kamerhe, une chance et non une catastrophe. *Sans les contras chinois, « Joseph Kabila allait voir ce qu’il allait voir ». Le bilan serait insignifiant. La réussite de la coopération chinoise est un bilan défendable par Joseph Kabila. *Avec qui aller aux élections demain ? De la suite à donner à cette question dépend le succès en 2011. *Tshisekedi, Kamerhe, sont de très loin des schémas catastrophiques pour Joseph Kabila même si on doit en tenir compte.
L’approche des élections se caractérise par un discours démagogique. Une peur-panique de la part des partisans de la politique de « ôte-toi de là que je m’y mette ». Pour faire peur, des théories sont échafaudées. Ces théories sont présentées comme des schémas catastrophiques pour le clan politique du Chef de l’Etat. Il s’avère qu’aucun de ces schémas n’est effectivement catastrophique.
Le premier schéma, c’est le retour de Etienne Tsisekedi. Certains sont d’avis que le retour de Etienne Tshisekedi, leader de l’Udps va mettre Joseph Kabila en difficulté. Cette analyse ne repose sur aucun élément objectif. Elle semble par contre se baser sur une réputation finie de ce parti politique, l’Udps, dont le plus grand handicap est d’être constitué plus de sympathisants que de militants. Les sympathisants ont la caractéristique d’être mouvants. Ils suivent la mode. C’est ainsi qu’on les a retrouvé en 2006 derrière JP Bemba. Ils peuvent retrouver Tshisekedi en l’absence de JP Bemba ou rejoindre Kamerhe. Les calculs seront plutôt en défaveur du Mlc ou de l’Udps, selon les cas et non en défaveur de la coalition Amp-Palu.
L’autre schéma mis sur le tapis, c’est celui de la défection de Vital Kamerhe. Dans certains milieux ont fausse l’analyse en croyant que l’Amp et le Pprd seraient surpris par le départ de Vital Kamerhe. Il y a une contradiction lorsque les mêmes analystes estiment que Joseph Kabila aurait commis un péché mortel en écartant Kamerhe. Et pourtant, connaissant l’ancien speaker de l’Assemblée nationale et compte de la gueule qu’il avait faite avant de céder aux pressions, il était clair qu’on ne pouvait plus compter sur lui.
De sérieuses empoignades
Il n’y a donc aucune raison qui pourrait pousser Joseph Kabila à ne pas se représenter comme on le déclare dans certains milieux. Une chose est vraie, les empoignades seront sérieuses. Ce sera à l’honneur de la jeune démocratie congolaise. On estime dans certains milieux que le fait pour Joseph Kabila d’avoir un bilan à défendre, serait un handicap. C’est aussi une analyse tirée par les cheveux. Le bilan peut également être un atout majeur. Il revient donc au clan politique de bien s’organiser. Cela suppose qu’il faudra éviter la cacophonie de 2006.
On ne sait pas qui était directeur de campagne de Joseph Kabila. Il y a des personnes qui étaient désignées pour convoyer le matériel dans certains coins du pays et y diriger la campagne qui n’avaient jamais retiré ce matériel. Cela suppose que la campagne n’avait jamais été faite. C’est à ce sujet pense-t-on, que le départ de Vital Kamerhe est une chance dans la mesure où on lui attribue cette dangereuse centralisation. On lui doit également une organisation tardive du clan politique en une machine électorale. Jusqu’au congrès du Pprd à la Fikin, on ne savait pas qui accompagnera Joseph Kabila. Il avait fallu qu’il se présente comme candidat indépendant pour contourner l’idée de Pprd et alliés, chère à Vital Kamerhe et voir l’Amp se constituer.
Eviter l’improvisation
L’Amp est née en catastrophe. C’est dans la même ambiance que la campagne du Chef de l’Etat a été organisée avec un coordonnateur de l’Amp qui n’avait la maîtrise de rien. Ce désordre a influé sur les résultats obtenus par Joseph Kabila. C’est la raison du deuxième tour alors que la victoire au premier tour était à la portée. En 2011, une bonne organisation permettra de minimiser tous les schémas catastrophiques. Une bonne organisation veut dire qu’il faudra tout prendre au sérieux, ne pas minimiser les adversaires. Mais surtout il faudra éviter toutes ces personnes qui viennent comme des vautours autours de l’argent de la campagne sans rien apporter concrètement.
Le candidat Joseph Kabila devra évaluer la coalition actuelle et mettre en place les mécanismes de sa reconduction. Car, de la manière dont se terminera la législature, dépendra de la suite de la collaboration. Si avant les élections de 2011, les différents partenaires politiques ne se sentent pas engagés pour un futur commun, on s’attendra à un choc qui mettra le puzzle en morceaux. Hier, le Palu a rallié Joseph Kabila au deuxième tour au regard du score réalisé par Antoine Gizenga à la présidentielle. Les deux parties vont-elles se dire aurevoir à la fin de la législature en attendant un éventuel deuxième tour pour se retrouver ? Cela supposerait que le Palu se représente à tous les niveaux, jusqu’à la présidence de la République. Il battra campagne contre qui et sur quel thème ? Voilà ce que nous pouvons appeler schéma catastrophe que l’on peut éviter avec une réflexion avant les élections.
Eviter l’attentisme
L’autre schéma catastrophique pourra être l’attentisme du côté de l’Amp et alliés. Accaparés par les tâches de la gestion de l’Etat, l’Amp et alliés courent le risque de se voir distancés dans l’opinion où le discours démagogique, mensonger et manipulateur gagne du terrain. Le retour de l’Udps sur la scène rapporte le discours de 1990 pour se situer en face d’un régime qu’on veut assimiler à celui de Mobutu.
Ainsi entend-on dire qu’en 1960, le Congo avait le même niveau que le Canada ou que les Sud-africains venaient se faire soigner au Congo, ... Cela est vrai. Mais qui peut en être comptable sinon ceux qui ont été aux affaires depuis 1960, ceux qui ont géré avec Mobutu. Paradoxalement, on veut rendre Joseph Kabila comptable de cette situation. Joseph Kabila a réellement un bilan à défendre. Si on veut remonter jusqu’au déluge, c’est en 2001. On y reviendra au bilan de l’année. Aujourd’hui, il est important de juger le bilan de la législature en cours.
Un bilan qui se défend
Le bilan de Joseph Kabila pour cette législature est essentiellement lié à son plan Marshall, à savoir les « Cinq chantiers ». Ce plan est à son tour en grande partie tributaire de la coopération chinoise. Cette coopération est à son tour liée aux contrats gagnant-gagnant signés entre le gouvernement congolais et les entreprises chinoises. Tout le monde est d’avis que sans ces contrats, le gouvernement congolais n’aurait pas réalisé le tiers de ce qui est fait actuellement. On ne cessera jamais de rappeler que c’est pour la première fois que dans ce pays, plusieurs choses sont faites à la fois, une sorte de plan d’urgence, des soins intensifs, pour parler le langage médical.
En plus de l’aide au développement, la Chine a signé avec la Rdc un contrat mines contre infrastructures. Les entreprises chinoises ont obtenu une mine qui n’est même pas encore en exploitation. Car, les travaux d’investissement se poursuivent et leur fin est attendue dans trois ou quatre ans. Mais déjà, la Rdc bénéficie des infrastructures. C’est le cas de la réhabilitation du tronçon routier Bukavu-aéroport de Kavumu de 35 km (Sud-Kivu ). Les travaux sont terminés. La route Lubumbashi-Kasumbalesa, du tronçon routier Beni-Bunia, reliant la province du Nord-Kivu à la Province Orientale (300km). Les travaux sont dans la phase de finissage, le boulevard du 30 Juin, l’avenue du tourisme, le boulevard Triomphal à Kinshasa, ... Dans le cadre des infrastructures routières avec l’apport d’autres partenaires don l’Ue, la route Kinshasa-Kikwit (500Km) est remise en neuf. Les travaux de la route entre Mbuji-Mayi –Kananga ont commencé. La route entre Boma-Muanda est aussi terminée. Dans quelques mois, on pourra désormais partir de Muanda à Kasumbalesa, de Kisangani à Goma en voiture.
Socle du développement
Dans le domaine sanitaire, Kinshasa est doté d’un grand hôpital, le plus moderne de l’Afrique centrale. L’hôpital du cinquantenaire dont l’inauguration interviendra bientôt. Sur le plan communication, la fibre optique partis de Muanda à la côte atlantique qui avait atteint Kinshasa, est en train d’être prolongée jusqu’à Kasumbalesa traversant ainsi tout le pays. Cela permettra demain d’avoir des communications par satellite de qualité irréprochable. Beaucoup d’autres choses sont faites dans le silence total. Le cas de plusieurs écoles réhabilitées ou construites à l’intérieur du pays. Il y a quelque chose que d’aucuns ignorent, c’est qu’il s’agit de contrat à longue durée, soit 20 ans et non en cinq ans de la législature. D’autres projets importants sont prévus, les études de faisabilité sont déjà entre les mains des autorités congolaises et chinoises.
Si on avait attendu les mécanismes de la coopération traditionnelle, si les entreprises publiques chinoises ( CREC et Sinohydro) attendaient de l’argent comptant et si EXIM Bank ne s’étaient pas proposée de financer ces entreprises, on ne voit pas ce que la Rdc allait faire avec son maigre budget. C’est ici qu’il faut saluer l’imagination du gouvernement congolais. Sinon, comme le disait la consœur de « Le Soir », Colette Braeckman, pour ne pas la citer, Kabila allait voir ce qu’il allait voir. Le bilan de cette législature est largement positif même si beaucoup de choses restent à faire.
Joachim Diana G.
La Rédaction
www.provincenordkivu.org
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