Goma, le 16-02-2009
Devoir de mémoire collective : 16 février 1992 - 16 février 2009
16 février 1992 marque effectivement le début du processus irréversible de la démocratisation en République démocratique du Congo. Ce jour-là, à l'initiative des jeunes Abbés de Kinshasa de l'Eglise catholique, des milliers de Kinois ont entrepris une marche pacifique visant la réouverture de la Conférence nationale souveraine, fermée, « avec force », par le Premier ministre de l'époque, Nguz a Karl I Bond. Une marche pacifique qui a été réprimée violemment dans le sang. On ne saura jamais le nombre exact de tués.
Toujours est-il que grâce à cette marche sanglantée, la réouverture de la Conférence nationale souveraine a été rendue possible. Mais bien plus, elle sonnait ainsi la fin d'un régime dictatorial, celui de Mobutu Sese Seko. Toute tentative de contourner la volonté populaire a été tenue en échec et le Zaïre d'alors s'engageait dans un tournant déterminant de son histoire.
Il est vrai que l'on n'est pas encore sorti de l'auberge. Il est aussi vrai que le Zaïre, redevenu la République démocratique du Congo, a été marqué par des événements troublants, meurtriers et dévastateurs visant son inexistence en tant qu'Etat et Nation. Des épreuves dures qui n'ont pas encore dit leur dernier tant le pays reste toujours secoué par des tentatives de déstabilisation et au centre des enjeux tant régionaux qu'internationaux pour contrôler les richesses congolaises.
Mais, une fois de plus, grâce au peuple congolais, à son attachement à l'idéal national et à l'unité des Congolais, la RDC continue à résister à toutes ces vagues qui veulent l'emporter, l'assujettir et l'aliéner. Et à chaque fois, ce même peuple paie le tribut le plus lourd pendant que la classe politique congolaise, insouciante et souvent malléable à souhait, se distingue par une mal gouvernance indigeste qui retarde le développement d'une nation riche promue à un bel avenir.
17 ans après, ce 16 février 2009 doit être une journée de profonde réflexion pour évaluer le long parcours de ce processus de démocratisation. D'introspection pour se ressourcer et susciter de nouvelles énergies populaires, car le péril est toujours en la demeure. Aussi, cette évaluation est une exigence pour une nouvelle inspiration et renouveler cet engagement de faire face à tous les défis de bonne gouvernance dans un pays soumis à de fortes pressions, objet de nombreuses convoitises dans un monde en pleine mutation.
Qu'avons-nous fait de la Conférence nationale souveraine ? Qu'en reste-t-il des accords de Sun City couronnant la fin du Dialogue intercongolais ? Que retenons-nous des élections de 2006 ? Comment sont gérées les richesses congolaises ? Enfin, qu'avons-nous fait de ce pays cher aux pionniers de l'indépendance ?
Autant d'interrogations qui imposent un nouvel élan positif. En ce 16 février, il s'agit d'une obligation morale et politique d'honorer les victimes de cette journée mémorable, penser à ces 5 millions de morts. Devoir de mémoire collective oblige.
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