Goma,
le 20-12-2008
Sauvons ensemble
le secteur de Microfinance
au Nord-Kivu
(S.O.S)
Au de-là des drames humanitaires
et politiques qui se jouent dans l’Est du Congo,
la vie quotidienne a de quoi surprendre plus d’un
observateur. Les Micro-crédits ou encore les
Institutions de Microfinances (IMF) , ces caisses
populaires comme on les appelle sous d’autres
cieux ,constituent par exemple une base importante
de l’économie locale dans la province
du Nord Kivu en République Démocratique
du Congo. Une démonstration du dynamisme économique
et de la créativité hors mesure dans
un pays traversé par des décennies de
tragédies de toute sorte.
Créées au début des années
80 grâce à la coopération canadienne
ou par des initiatives privées locales, les
COOPEC (coopérative d’épargne
et de crédit) d’alors furent pendant
les périodes des crises monétaires que
le Zaïre d’alors connut, une source de
financement alternative au système classique
des banques privées commerciales.
Dans un pays ou le système bancaire a peine
à se reconstituer après une longue période
de léthargie, les IMF et COOPEC apparaissent
comme les véritables banques ou les affaires
se passent.
Il a fallu attendre la reprise des
équilibres macro économiques sur l’ensemble
du pays, avec un taux de croissance positive, pour
que les banques commerciales reprennent leurs activités
habituelles au Nord Kivu. Entre temps certaines d’entre
elles ne se sont jamais relevés et ont disparu.
Au même moment le secteur
des micro finances a pris racine et se trouve au cœur
des activités économiques du Nord Kivu.
Contre vents et marrées la vitalité
du secteur a prouvé sa capacité de résistance
: les différentes démonétisations
sous la période Mobutu, les guerres de 1996
et 1998, l’éruption volcanique de 2002
qui emporta tout au passage: bâtiments, coffres
forts et documentations, toutes ces calamités
naturelles ou humaines n’ont en rien entamé
le dynamisme des opérateurs du micro finances.
Bien au contraire, à ce jour
l’on compte une bonne centaine de structures
ayant comme activité soit exclusive soit partielle
la gestion d’une caisse populaire d’épargne
et de crédit.
Parmi elles plus de la moitié ne font que cela
exclusivement.
En dépit d’une législation
pas nécessairement favorable pour ne pas dire
inadéquate, le secteur de Micro finances a
réussi à convaincre plus d’un.
C’est ce qui fait du Nord Kivu la province d’où
partent des Coopec dans huit autres provinces de la
R. D. Congo.
Plus de 50millions de USD sont ainsi brassés
chaque année par ce circuit entre le formel
et l’informel. Deux millions de personnes sont
concernés directement ou indirectement soit
30% de la population du Nord Kivu.
Avec la crise financière internationale et
ses conséquences sur le flux de monnaie dans
les activités minières notamment, situation
aggravée par le conflit actuel qui jette sur
les routes autour de 2millions des producteurs ruraux
et semi urbains et finalement l’escroquerie
de la pseudo asbl Dutch international dans laquelle
une bonne dizaine de millions de dollars américains
ont pris le chemin de l’extérieur échappant
ainsi au circuit monétaire national. Tous ces
facteurs ont conduit à une menace dans le secteur.
Si la situation n’est pas
desespérée, il est tout aussi évident
qu’un soutien urgent et conséquent ramènerait
l’équilibre rompu à une bonne
position.
Encourager des jeunes cadres entrepreneurs.
Soutenir les micro finances dans
le Nord Kivu c’est donner de l’espoir
à tout un peuple. Ces dizaines de jeunes (la
moyenne d’âge ne dépasse pas les
35ans) gestionnaires des ces « banques des pauvres
» pour reprendre l’expression d’un
éminent chercheur et praticien du secteur Bernard
Taillefer ces jeunes et dynamiques entrepreneurs méritent
plus que des belles paroles d’encouragement
: un appui concret de la part des amis du Congo, des
organisations de financement et refinancement, des
caisses populaires d’autres pays et des gouvernements.
En ce moment où le système bancaire
classique est en train d’étaler toutes
ses faiblesses et limites sur la place publique, il
ne serait pas intéressant de laisser s’évaporer
ce qui est considéré ailleurs comme
une solution alternative aux menaces des surendettement
des ménages dans les pays dits avancés.
C’est dans ce contexte que le Gouvernement Provincial
de la Province du Nord Kivu a été saisi
de l’urgence d’appuyer ce secteur en termes
de plaidoirie en vue de trouver des mécanismes
internes, locaux et nationaux ou internationaux pouvant
contribuer à protéger les différentes
structures de Microfinances et les Coopec contre les
risques qui les menacent en ce jour.
Dans un premier temps,50.000.000 millions de dollars
américains aideraient à relever le secteur.
BATABIHA BUSHOKI,Ministre
provincial des
PME
www.provincenordkivu.org
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