Goma,
le 22-10-2008
Conseil de sécurité
5998e séance – après-midi
LE CONSEIL
DE SÉCURITÉ PROFONDÉMENT
PRÉOCCUPÉ
FACE AU REGAIN DE VIOLENCE DANS
L’EST
DE
LA RÉPUBLIQUE
DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Département de
l’information • Service des informations
et des accréditations • New York
Il s’alarme des conséquences
humanitaires des combats récents et demande
instamment à toutes les parties d’observer
immédiatement un cessez-le-feu
Le Président du Conseil de
sécurité pour le mois d’octobre,
M. Zhang Yesui(Chine), a fait, cet après-midi,
au nom des membres du Conseil, la déclaration
suivante:
Le Conseil de sécurité
exprime sa profonde préoccupation face au regain
de violence qui sévit dans les provinces de
l’est de la République démocratique
du Congo et aux conséquences qui pourraient
s’ensuivre pour la région. Il s’alarme
des conséquences humanitaires des combats récents
et demande instamment à toutes les parties
d’observer immédiatement un cessez-le-feu.
Le Conseil est vivement préoccupé
par les menaces qui continuent de peser sur la sécurité
de la population civile et la conduite des opérations
humanitaires. Il condamne la poursuite du recrutement
et de l’emploi d’enfants par des groupes
armés, ainsi que la persistance de la violence
sexuelle ou à motivation sexiste dans la région
est de la République démocratique du
Congo. Il demande instamment à toutes les parties
de se conformer pleinement aux obligations que leur
impose le droit international, notamment le droit
international humanitaire, le droit des droits de
l’homme et le droit des réfugiés.
Le Conseil affirme à nouveau
que la souveraineté et l’intégrité
territoriale de la République démocratique
du Congo doivent être respectées. Il
demande à nouveau à tous les groupes
armés de déposer immédiatement
les armes et de se présenter sans plus tarder
et sans conditions préalables aux autorités
congolaises et à la Mission de l’Organisation
des Nations Unies en République démocratique
du Congo (MONUC) en vue de leur désarmement,
de leur rapatriement, de leur réinstallation
ou de leur réintégration, selon le cas.
Le Conseil réaffirme que les
processus de Goma et de Nairobi constituent le cadre
dans lequel il convient de chercher à stabiliser
durablement l’est de la République démocratique
du Congo. Il exhorte toutes les parties aux accords
de Goma et de Nairobi à s’acquitter de
leurs engagements de manière effective et de
bonne foi. À ce propos, le Conseil condamne
avec force les récentes déclarations
de Laurent Nkunda appelant à un soulèvement
national.
Le Conseil déclare à
nouveau qu’il appuie fortement la MONUC dans
le rôle qu’elle joue dans le rétablissement
de la paix dans les Kivus, et il l’encourage
à renforcer son action pour assurer la protection
des civils. Il appuie sans réserve le plan
de désengagement qu’elle a élaboré
et que le Gouvernement de la République démocratique
du Congo a accepté, et demande instamment à
toutes les parties de s’y conformer.
Le Conseil se félicite de
l’intention de la MONUC de reconfigurer ses
forces et d’optimiser leur déploiement
de manière à améliorer son efficacité
dans le cadre du mandat existant et du plafond de
ses forces. Le Conseil de sécurité prend
note de la demande de moyens supplémentaires
formulée pour la MONUC par le Représentant
spécial du Secrétaire général.
Il prie le Secrétaire général
de lui présenter dans son prochain rapport
une analyse complète de la situation et des
recommandations.
Le Conseil engage instamment le Gouvernement
de la République démocratique du Congo
à prendre des mesures efficaces pour faire
en sorte qu’il n’y ait aucune coopération
entre des éléments des FARDC et les
FDLR. Il demande aussi aux gouvernements de la région
de cesser tout soutien aux groupes armés de
la région est de la République démocratique
du Congo.
Le Conseil engage instamment les
Gouvernements de la République démocratique
du Congo et de la République du Rwanda à
s’efforcer d’urgence de régler
leurs différends, notamment grâce à
la réactivation du Mécanisme conjoint
de vérification, et leur demande d’appliquer
intégralement le communiqué de Nairobi.
Il encourage le Secrétaire général
à intensifier l’action qu’il mène
pour faciliter le dialogue entre le Rwanda et la République
démocratique du Congo.
Le Conseil condamne vigoureusement
les récentes attaques lancées par l’Armée
de résistance du Seigneur, notamment l’enlèvement
de 159 écoliers dans des villages de la province
Orientale. Il rappelle les actes d’accusation
établis par la Cour pénale internationale
contre des dirigeants de l’Armée de résistance
du Seigneur, notamment du chef d’enrôlement
d’enfants par enlèvement, constitutif
de crime de guerre.
La Rédaction
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