Les Institutions
Les Institutions
Gouvernorat de Province
Programme du Gvernemt
 
Enseignement
Maternelle
Primaire
Secondaire
Supérieur
 
Tourisme
Les Sites Touristiques
Le Nyiragongo
Le Nyamulagira
Parc National des Viirunga

Gouverneur
 
Vice Gouverneur
 
Gvnment Provincial
 
 
 
 


Heure de Goma 

 
 
 
NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU
 

Goma, le 09-01-2009

Naïrobi : le Cndp sous pressions

Comme prévu, les négociations entre le gouvernement congolais et la rébellion du Cndp ont repris le mercredi 7 janvier dans la capitale kenyane. Aujourd’hui, les travaux sont à leur deuxième journée. Selon les nouvelles qui nous parviennent de Naïrobi, tout se passe très bien. Mais on ne peut pas dire que les lendemains seront meilleurs. La situation créée au sein de la rébellion n’est pas de nature à rassurer tout le monde. On constate malheureusement qu’il y a des gens qui semblent ne pas trouver leur intérêt dans la normalisation. C’est le cas de Bosco Ntaganda qui est sûr et certain que la fin de la guerre signifierait pour lui, le chemin de la prison à La Haye ou alors celui de l’exil. Son coup fourré contre Nkundabatware peut être considéré comme un geste du désespoir. Cependant, peut-on s’interroger, Bosco Ntaganda a-t-il suffisamment d’autonomie pour s’engager seul dans cette aventure lourde de conséquences ? Voilà qui vient assombrir le lendemain des négociations de Naïrobi. Les émissaires de l’Onu feraient fausse route s’ils ne tiennent pas compte de cette nouvelle donne. Ils ne doivent pas être pressés d’en finir dans le but de faire rapport à la Conférence internationale des chefs d’Etat projetée pour mi-janvier 2009 en un lieu qui n’a pas été précisé.

Mkapa interpelle les parties

L’ancien président tanzanien a ouvert les travaux en l’absence de Olusegun Obasanjo qui, selon les informations en notre possession, serait encore en train de rencontrer du monde afin de donner plus de chance de succès à son œuvre. Mkapa, dans son discours de circonstance, a invité les deux parties congolaises à tenir compte de la souffrance des populations de deux Kivu. Il avait à ce sujet eu des mots justes : « Nous devons nous souvenir du fait que le regard du Congolais et du monde entier est focalisé sur le déroulement de ces négociations. Des milliers de personnes déplacées et celles qui continuent à souffrir de la situation sécuritaire déplorable dans cette région attendent avec impatience l’issue favorable de ces travaux, qui puissent rétablir une paix durable dans leur communauté ». On se rend compte que l’ancien président tanzanien accrédite la délégation de la rébellion congolaise d’un certain capital de confiance. C’est ici que les médiateurs envoyés en Rdc se trompent. Masire et Moustapha Niasse s’y étaient trompés. Il y a plus de chance que Obasanjo et Mkapa s’y trompent également. On ne peut ramener cette rébellion à la paix sans l’amener à une certaine ascèse qui n’est possible qu’avec une intériorisation de la motivation de la guerre. Le Cndp, tout le monde en convient, n’est pas une création congolaise selon les besoins congolais. Il est de plus en plus clair que ce mouvement est une marionnette de ceux qui s’en servent pour exploiter les ressources naturelles de la Rdc. Il est normal que les émissaires de l’Onu prennent également le Cndp en compte parce qu’il existe et il a une certaine responsabilité notamment dans les crimes commis pendant cette crise. Mais, ils doivent savoir qu’il y a plus important que la marionnette, à savoir ceux qui tirent les ficelles. Mkapa, en exhortant indistinctement les parties, évite de mettre chacun devant ses responsabilités. Telles erreurs ont coûté du temps, de l’argent et des vies humaines à la Rdc.

Le discours humanitaire

Le médiateur a poursuivi son discours en faisant comprendre aux parties la nécessité de mettre fin aux hostilités avant tout pour permettre aux déplacés de rentrer dans leurs villages où une aide humanitaire pourra leur être octroyée. Pour l’ex-président tanzanien, il est important de trouver un accord formel sur la cessation des hostilités pour permettre le déploiement de l’assistance humanitaire. Cela veut donc dire que le conflit qui a endeuillé l’Est de la Rdc n’est qu’un simple malentendu. Il suffirait donc de tout balayer d’un revers de la main pour que tout revienne dans l’ordre. Tout ce qu’on considère comme progrès accompli jusque-là, c’est d’avoir mis en place un règlement des négociations et la définition des modalités du dialogue. Pour le médiateur, ce dialogue doit amener vers l’application de l’engagement de Goma. Si le Cndp a accepté cela, on peut effectivement parler de progrès. On peut se demander si pour appliquer Goma, il fallait passer par Naïrobi. On peut également se demander si tel est l’entendement de tous, où résideraient encore les points d’achoppement ? Apparemment, lorsque le médiateur est obligé d’exiger la bonne volonté des uns et des autres, c’est qu’il y a encore des embûches. Lesquelles ?

Les termes du dialogue

Peut-on définir les termes du dialogue sans au préalable se mettre d’accord sur la qualité des participants ? On a l’impression que si la délégation gouvernementale a conscience d’être en pleine négociation, le Cndp lui considère la rencontre de Naïrobi comme préparative aux négociations à venir. C’est pourquoi le Cndp n’a pas encore dit le dernier mot sur sa demande de voir le parlement prendre part à ces négociations. A ce sujet, le gouvernement, par sa délégation à Naïrobi, a été obligé d’opposer une fin de non recevoir à cette demande du Cndp.

Pour rappel, la délégation gouvernementale, conduite par le ministre de la Coopération régionale, M. Raymond Tshibanda, est arrivée mardi à Nairobi où elle a été précédée par les gouverneurs du Nord et du Sud Kivu. Dans une déclaration à la presse, le ministre Tshibanda a fait savoir que le gouvernement se présentait à ce round des négociations dans une attitude d’ouverture. La délégation qu’il conduit, a-t-il renchéri, est disposée à rencontrer les attentes du Cndp dans le respect de la Constitution. Cette déclaration est sans équivoque. Il est allé dans le même sens que la facilitation sur la finalité de ce dialogue, c’est l’application des Accords de Goma.
Au sujet de la participation du parlement à ce dialogue, Raymond Tshibanda a été sans ambiguïté : « Notre position est que face à la rébellion, face à l’insurrection, face au non respect des engagements souscrits aux termes des actes d’engagement de Goma, les institutions congolaises ont une position commune. Et, nous ne pouvons pas donner l’impression que sur une question comme celle-là, il y aurait des points de vue divergents entre les institutions de la République. Deuxièmement, c’est au gouvernement qu’il revient de négocier les accords, y compris les accords avec les groupes des Congolais qui seraient en rupture avec la majorité nationale. Etant entendu qu’à terme, le gouvernement rend compte à la représentation nationale. Donc, nous préconisons que les représentants du CNDP comprennent et acceptent le fonctionnement normal de nos institutions et qu’ils permettent au gouvernement de faire son travail et au moment venu, l’Assemblée nationale et le Sénat feront le leur », selon Okapinet.

Les hommes de Dieu s’en mêlent

Pendant que Mkapa s’affaire à Naïrobi, une délégation des hommes d’Eglise a été rencontrer Nkundabatware dans son fief de Jomba au Nord-Kivu. Les prélats protestants pensent s’investir à leur tour dans la recherche de la paix à l’Est de la Rdc. Ils viennent des pays de la sous région à savoir, du Rwanda, du Burundi, du Kenya et de la Rdc. Avant de rencontrer le chef rebelle à Jomba, la délégation des hommes de Dieu avait, apprend-on de bonne source, rencontré le chef de l’Etat congolais, Joseph Kabila, l’émissaire de l’ONU Obasanjo et le président rwandais Paul Kagame. Si rien n’a filtré de ce qu’ils se sont dits avec Joseph Kabila, on sait qu’à Jomba, les délégués de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique, Ceta, une structure basée à Nairobi, composée de neuf évêques, avait apporté au chef rebelle un message clair. Il est question de mettre fin à la guerre. L’évêque congolais de la délégation, Mgr Jean Marie Runiga a été clair : « Comme il avait demandé des négociations directes avec le gouvernement, nous lui avons dit, qu’étant donné qu’il y a maintenant ces négociations directes, il devrait être le premier à faire tout pour que les choses avancent rapidement, en donnant un cahier de charges clair. Mais que celui qui devrait gagner dans ces négociations, devrait être le peuple congolais. Et nous avons eu à soulever les questions humanitaires. Pour ce qui concerne tous ces millions de déplacés, nous lui avons dit qu’il serait mieux qu’on prenne des mesures pour que ces gens retournent dans leurs maisons. Car si les conditions sont réunies, ils vont rentrer dans leurs villages ». Il semble que le Cndp a dit avoir capté cinq sur cinq le message des évêques. Amen ! Il reste qu’il le mette en pratique.

Joachim Diana G.

www.groupelavenir.cd

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  © 2008 Province du Nord-Kivu |All Rights Reserved | Terms & Conditions |Contact