Goma, le 23-02-2009
Le Cndp accélère la conclusion d'un accord politique
Le Congrès national pour la défense du peuple (Cndp) a pris une nouvelle option, celle d'aller aussi rapidement que possible à une solution politique autant qu'il est entré tout aussi rapidement dans la rébellion, l' a confirmé Désiré Kamanzi, l'actuel président en exercice de cet ancien mouvement politico-militaire
Le ralliement du CNDP au gouvernement de Kinshasa ne constitue plus, contrairement à l'inquiétude manifeste d'une frange politique congolaise, un jeu des pipes. A la dernière rencontre Gouvernement-CNDP tenue à Goma le jeudi dernier, l'actuel président en exercice de l'ancien mouvement politico-militaire, Désiré Kamanzi, a été formel et sans équivoque en déclarant qu'il tenait à ce qu'on arrive à un accord politique.
En clair, cette déclaration émise par le président du CNDP tient autant compte de l'évolution de la situation militaire sur le terrain avec le brassage des anciennes troupes rebelles, que du délestage de toutes les revendications fantaisistes naguère proclamées lors des négociations de Nairobi.
En effet, au vu du succès que connaissent les operations militaires conjointes des troupes congolaises et rwandaises, le CNDP a pris une nouvelle option. Celle d'aller aussi rapidement que possible à une solution politique autant qu'il est entré tout aussi rapidement dans la rébellion. Désormais, avec cette nouvelle donne, on peut s'attendre à ce que dans les tout prochains jours, le CNDP, désireux d'apporter réellement sa pierre dans l'installation d'une paix durable et l'édification du pays, mette beaucoup d'eau dans son vin.
En limitant par exemple ses revendications à une amnistie générale d'abord, et ensuite en se contentant d'une représentation symbolique au sein des institutions politiques. En lieu et place d'une représentation générale comme il l'entendait lors des négociations de Nairobi, qui étaient dominées par l'ombre et les ambitions de Nkunda, aujourd'hui réduit à l'état de prisonnier en instance d'une prochaine extradition.
Le signal fort de Washington
L'heure n'est plus propice aux traînards qui risquent de rater le train de la paix, mis en marche par la dissidence au sein du CNDP et la résolution conjointe RDC-Rwanda d'éradiquer les forces négatives. A ces deux éléments répondent la volonté des partenaires internationaux, dont les USA en première ligne.
En effet, le nouvel ambassadeur américain en RDC a laissé entendre que Washington était très satisfait de l'évolution de la situation à l'Est de la RDC, et surtout du succès des operations militaires conjointes. Le satisfecit de la première puissance mondiale à l'ère de la dynamique Obama, qui tient à ne plus favoriser des foyers de tension, mais à privilégier la paix universelle, compte pour beaucoup dans l'avènement d'une nouvelle politique dans la région des Grands lacs. Ainsi, plus de tolérance pour les chantages par les armes.
C'est pour concrétiser cette situation que l'Egypte, allié objectif des USA, a accepté de fournir presque la moitié du contingent des Casques bleus supplémentaires exigés pour la pacification véritable à l'Est de la RDC. Il est à noter que ce contingent, à l'encontre des forces de l'Onu déjà en place, aura pour mandat non seulement de s'interposer, mais aussi de recourir à la force dissuasive contre tout mouvement insurrectionnel.
Un autre fait à signaler, qui pèse sur l'évolution de la situation en RDC, est la visite qu'entreprend la semaine prochaine le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon. Une visite protocolaire? Pas le moins du monde, car à en croire son agenda, elle est plus que significative.
En effet, Ban Ki-moon ne se contentera pas seulement de rencontrer les officiels et la société civile à Kinshasa. Par contre, il se rendra notamment à Panzi où il visitera les victimes des violences sexuelles, à Goma où il rencontrera les responsables de la Monuc et à Mugunga pour réconforter les centaines des déplacés de guerre. Une façon de se frotter aux réalités consécutives à la guerre dans cette partie du territoire national avant de s'envoler pour Kigali, afin d'y rencontrer Kagame. Un autre pion majeur dans la résolution du conflit à l'Est de la République congolaise.
L'autre fait marquant pour le changement en RDC sera la visite en mars (le 15 sauf imprévu) du Président français Nicolas Sarkozy, avec son plan révisé, mais aussi son appui pour la politique congolaise. A tous ces évènements majeurs, se greffent également d'autres faits marquants : la normalisation des relations avec la Belgique, la sécurisation par la Monuc des zones à haut risque, l'évacuation du prétexte FDLR par le Rwanda...
Ce sont autant des facteurs qui donnent à réfléchir. Et le CNDP l'a si bien compris, qu'il croit fermement que c'est maintenant ou jamais qu'il faut monter dans le train de la paix.
Il ne serait pas prétentieux d'affirmer dès maintenant, que d'ici l'arrivée de Ban Kimoon et de Sarkozy, le CNDP aura facilité la tâche au gouvernement, en ce qui concerne son intégration politique.
En effet, la conjugaison de tous les éléments évoques ci-haut est de nature à calmer les plus sceptiques sur la paix véritable qui répond au rendez-vous des prochains enjeux. Et dans ceux-ci, c'est Kabila qui aura gagné son pari celui de la paix véritable et définitive.
(CL/Ern./Yes)
Le Palmarès
Last edited: 21/02/2009 14:42:51
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