Goma,
le 12-09-2008
Après
affrontements : calme précaire
à
Minova et Bweremana
Un calme précaire s’observe
depuis mercredi soir sur l’axe Kirotshe, Bweremana
et Minova, des villages situés à cheval
entre le Nord et le Sud-Kivu, sur route Goma-Bukavu,
soit à une cinquantaine de Km de Goma.

Selon des habitants contactés
sur place, le CNDP occupe le long de la route depuis
Shasha , Muranga jusqu'à Kihindo pendant que
les FARDC sont à Bweremana ,Kirotche , Nyamubingu
et Minova . Dans ces zones, il n' y a pas de circulation,
toutes les activités sont suspendues à
l'exception de celles des hommes en uniforme qui sont
très visibles sur cet axe. Quelques courageux
tentent depuis ce matin de rentrer dans les villages
proche de Minova pour chercher à manger avant
de retourner plus tard dans leurs lieux de refuge.
Quelques tirs sporadiques ont été
entendus ce matin vers les collines de Busheke et
de Ngumba où sont positionnées les insurgés.
Plusieurs boutiques et habitations ont été
systématiquement pillées hier soir par
des hommes en arme dans les centres de Bweremana et
de Minova. Un habitant qui a traversé ce matin
l’axe Bweremana-Sake témoigne que la
route est désertée par les populations
civiles en raison de l'insécurité et
des mouvements des militaires qui continuent d'augmenter
la panique. Les habitants sont toujours dans la brousse
et dans d’autres lieux et refuge où ils
ne bénéficient jusqu'ici d'aucune assistance.
Un autre habitant contacté depuis la colline
de Kiluku qui surplombe Bweremana et Kirotche, témoigne
qu'un cadavre et plusieurs civils bléssés
sont abandonnés à un centre de santé
de la place par manque des personnels soignants.
Retour au calme à
Minova
La situation semble redevenue calme dans la cité
de Minova, territoire de Kalehe, après des
affrontements qui ont eu lieu à Bueremana frontalier
de Minova dans le Nord Kivu entre les FARDC et le
CNDP. Selon plusieurs sources concordantes, la population
de Minova qui avait fui ces affrontements commence
à regagner petit à petit la cité.
Mais certains ont eu la désagréable
surprise de trouver leurs maisons et leurs boutiques
pillées.
Selon plusieurs sources à
Minova, c'est vers six heures du matin mercredi qu’on
a commencé à entendre des tirs nourris
provenant des villages de Bueremana, Kirotche et Shasha,
dans le Nord Kivu et voisins de Minova.
Selon les mêmes sources, une
confusion a eu lieu lorsque la 14e brigade des FARDC,
est entrée à Minova pour sécuriser
la cité. La population a alors fui pensant
que Minova venait de tomber entre les mains du CNDP.
Des pillages ont eu lieu et la population c’est
retournée contre la MONUC et les autres humanitaires.
La Monuc a rappelé à
la population que son mandat ne l’autorise pas
à user de la force contre des civils auteurs
de pillages et que c’est là le rôle
des forces de l'ordre congolaises. Par ailleurs, la
MONUC a déployé des engins blindés
et des hélicoptères à Minova
pour sécuriser la place et les environs. Des
patrouilles lacustres et terrestres ont en outre été
organisées depuis 2 jours pour bloquer la progression
du CNDP et protéger les populations civiles.
Les autorités militaires de la MONUC ont aussi
parlé aux dirigeants du CNDP pour leur signifier
qu’elle s’opposerait par la force à
une nouvelle intrusion sur le territoire du Sud Kivu.
Bunia : un bataillon en renfort
vers le Nord-Kivu
En Ituri, un bataillon des soldats FARDC de la 4ème
brigade intégrée a quitté le
territoire de Djugu, depuis mercredi, pour la province
du Nord-Kivu, en passant par la cité de Bunia.
Selon un officier attaché au bureau de la zone
opérationnelle des FARDC à Bunia, ces
soldats se rendent à Kanyabayonga, une cité
de la province du Nord-Kivu. Selon la même source,
ces déploiements ont rapport avec des affrontements
en cours qui opposent les rebelles du CNDP aux troupes
gouvernementales dans les deux Kivu.
Butembo : les épouses
des militaires au front en colère
Environ deux cents épouses des militaires sont
descendues ce jeudi dans les rues de Butembo pour
manifester contre la vie difficile qu’elles
traversent en ce moment où leurs maris sont
déployés dans les zones de combats.
Les manifestantes ont dit à la police que plusieurs
familles des militaires sont chassées des maisons
qu’elles occupent, par les bailleurs à
cause des retards qu’elles enregistrent dans
le payement du loyer. Selon la police, les membres
du conseil urbain de sécurité ont promis
de se réunir pour trouver un moyen d’appeler
les bailleurs à la retenue en ce moment, tant
que leurs époux seront au front.
Par Editeur Web
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