Goma, le 27-04-2009
Lundi : première prestation pour E. Boshab au perchoir de l'Assemblée nationale
Le nouveau bureau de l'Assemblée nationale, avec son président Evariste Boshab en tête, est attendu, lundi, pour leur baptême de feu. Avec l'entrée en fonction de cette équipe, une nouvelle page s'ouvre à la chambre basse du Parlement.
 Finie la fête, vive le boulot. Le nouveau Bureau de l'Assemblée nationale, avec son président Evariste Boshab en tête, est attendu, lundi, pour sa première prestation au perchoir. Mais, comme dans toute affaire de succession, le public, naturellement curieux, sera plus enclin à observer les faits et gestes du président qu'à percevoir le début des innovations qu'il a promises. N'empêche, une page nouvelle s'ouvre à l'Assemblée nationale.
Rendez-vous, lundi, avec l'Assemblée nationale plus sereine qu'il y a dix jours. Les sept membres de son nouveau Bureau, élus à une écrasante majorité par la coalition AMP-PALU, afficheront complet au podium. Non pour une photo de famille, mais pour démarrer leur saison. Et ainsi marquer les annales de leur Institution qui a vocation de légiférer et contrôler l'Exécutif dans l'intérêt du souverain primaire.
Lundi 27 avril 2009, journée ordinaire ? Mais pas pour tout le monde. En effet, ceux dont la politique est le métier – et une carrière – ne sont pas près de rater la toute première prestation d'Evariste Boshab en qualité de président de la chambre basse.
Physiquement présents au Palais du peuple, siège du parlement congolais, ou simples téléspectateurs malgré eux, politiques et sympathisants voudraient bien se donner l'impression d'avoir été, ce lundi là, aux premières loges. Chacun tenant à vivre la scène en direct et personnellement.
Premier test grandeur.
Certes, le président Boshab a, voici une semaine, annoncé ses couleurs à l'occasion de l'installation du nouveau Bureau de l'Assemblée nationale. Il a proposé à ses pairs un catalogue d'innovations, qu'il compte introduire avec leur aval, « pour donner plus de souffle à la vie» . C'est-à-dire à l'Institution qu'il préside désormais.
Poursuivant la déclamation de sa profession de foi, le nouveau président de l'Assemblée nationale a rassuré ses collègues députés nationaux et, à travers eux, le peuple congolais. « Je suis le président de tous et je ferai de tout mon mieux, dans le strict respect des textes qui régissent notre institution, pour que l'Assemblée nationale demeure l'espace d'un débat véritablement démocratique ».
Lundi, Boshab subira son premier test de sincérité grandeur nature. Les députés de l'Opposition, ainsi que leurs sympathisants, souhaiteraient prendre le président de l'Assemblée nationale en défaut. Notamment le déni de la liberté d'expression reconnue aux élus du peuple dans l'exercice de leurs prérogatives constitutionnelles.
En tout cas, les premiers pas d'Evariste Boshab en tant que président de la chambre basse seront suivis à la loupe. Les députés de la Majorité voulant se rassurer que le successeur de Vital Kamerhe les aiderait à vite oublier celui qui, aux yeux de certains membres de la Famille politique, aurait joué au traître à la cause de la Majorité présidentielle.
Savoir convaincre.
Dans le même temps, les députés de l'Opposition, comme du reste leurs supporters, prieraient que le président commette des gaffes dans la conduite des débats, pour crier à l'injustice, à la partialité, à la «démocrature». Cette hypothèse le mettrait en porte à faux avec le credo qu'il a exprimé à l'issue de son élection.
Ayant opportunément bon dos, l'Opposition lui rappellerait alors sa promesse d'il y a à peine dix jours. Ce samedi là, il avait effectivement promis que «je me battrai pour que l'Opposition et la Majorité travaillent main dans la main, dans le cadre du pacte de consolidation de la démocratie, que le nouveau bureau entend proposer à notre vénérable institution».
En déclarant placer son «mandat sous le signe du renouveau du travail parlementaire», le président de l'Assemblée nationale a pris le peuple congolais à témoin. Et celui-ci a pris acte de sa déclaration de bonnes intentions. On ne reconnaît l'artisan que par son œuvre, dit un adage.
Quoi qu'il en soit, sous la présidence de Boshab, la chambre basse ne va pas chômer. Des arriérés législatifs sont reportés de session en session. Parmi ceux-ci, des projets de lois essentielles pouvant permettre de parachever certaines réformes en cours. Notamment dans les domaines de la justice, de la décentralisation, de la sécurité, de la police et de l'armée. D'où urgence, dès les premières semaines, d'élaborer un chronogramme pour les apurer progressivement.
Lundi, journée ordinaire ? Cela dépendra de la manière dont le président Boshab mènera son jeu. Car, dit-on, ce sont les premières impressions qui marquent. En politique, et c'est lui qui le dit, « il faut savoir convaincre ».
(TN/Ern./GW/Yes)
Le Potentiel
Last edited: 25/04/2009 16:57:15
La Rédaction
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