Goma, le 16-03-2009
Assemblée nationale: l'AMP appelle ses députés à boycotter la plénière de ce lundi
 Les députés nationaux membres de l'Alliance de la majorité présidntielle (AMP) sont appelés à ne pas prendre part à l'ouverture de la session ordinaire de mars de l'Assemblée nationale convoquée pour ce lundi 16 mars à Kinshasa par son président Vital Kamerhe, rapporte radiookapi.net
L'appel au boycott a été lancé dimanche soir dans une déclaration politique faite par la famille politique du chef de l'Etat en son siège dans la capitale congolaise. Dans cette déclaration, l'AMP a annoncé l'amorce de l'application de l'article 21 du Règlement d'ordre intérieur de la chambre basse du Parlement pour la déchéance de Vital Kamerhe en qualité du président du bureau de cette institution.
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Déclaration politique des députés nationaux de la Majorité parlementaire
Nous, députés nationaux de la majorité parlementaire, signataires de la présente déclaration,
- Ayant pris connaissance des déclarations faites en date du 21 janvier 2009 par le Président de l’Assemblée Nationale à Radio Okapi au sujet du déploiement sur le territoire congolais des troupes rwandaises en vue des opérations conjointes avec les Forces Armées de la République Démocratique du Congo, FARDC,f. pour neutraliser les Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, FDLR, déclarations selon lesquelles le Président de l’Assemblée nationale affirmait notamment ce qui suit: «Je n’ai jamais été informé de quoi que ce soit sur l’entrée éventuelle des troupes rwandaises sur le territoire congolais... » ou encore «Maintenant que vous me dites que les troupes rwandaises sont entrées au Congo, je préfère croire que c’est faux. Si c’est vrai, c’est tout simplement grave !...» ou encore «il faut expliquer qu’est-ce qui se passe dans le Nord-Kivu pour éviter que cela ne se retourne dans un drame, tout simplement que nous allons regretter» ;
- Considérant, contrairement à ce que le président de l’Assemblée nationale affirme, qu’en date du 21 janvier 2009, le président de la République l’avait reçu et informé utilement du déploiement des troupes rwandaises, et que par conséquent le président de l’Assemblée nationale a menti;
- Considérant que les propos ci-dessus rappelés sont de nature à jeter le trouble dans les esprits des populations congolaises en général et celles de l’Est du pays en particulier, et à conduire à leur soulèvement contre aussi bien le gouvernement que le président de la République;
- Attendu que pour mettre fin aux crises récurrentes dans les Grands Lacs, les Etats de la Sous-Région, parmi lesquels le Rwanda et la RDC, ont signé en date du 8 décembre 2006, le Pacte pour la Sécurité, la Stabilité et le Développement dans la Région des Grands Lacs ;
- Attendu que l’article 5 dudit Pacte dispose que les Etats signataires peuvent mener des actions conjointes pour rétablir la sécurité dans la Sous-Région;
- Attendu que ledit Pacte a été ratifié par le président de la République sur autorisation du Parlement;
- Attendu que dans le même ordre d’idée, dans son plan de sortie de crise, l’Assemblée nationale a notamment recommandé au gouvernement de négocier, d’une part avec la rébellion du CNDP, et d’autre part avec le gouvernement rwandais afin de mettre fin à cette rébellion et de résoudre le problème d’insécurité que pose la présence des FDLR en République démocratique du Congo;
- Considérant qu’en application aussi bien des dispositions pertinentes du Pacte de stabilisation que des recommandations de l’Assemblée nationale, que le gouvernement de la République a convenu avec le gouvernement rwandais de mener des opérations militaires conjointes en vue de neutraliser les FDLR qui sèment la mort et la désolation au sein de la population congolaise depuis 1994 et enveniment les relations de bon voisinage entre la RDC et le Rwanda;
- Considérant que même si le président de l’Assemblée nationale avait des raisons légitimes de nourrir des préoccupations sur les conséquences éventuelles de ces opérations, l’obligation de réserve et de neutralité que lui impose son statut ne l’autorise pas à faire des déclarations publiques de nature à contrarier la position du Gouvernement en dehors des mécanismes d’information et de contrôle parlementaires prévus aux articles 138 de la Constitution et 152 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale;
- Considérant que, pour une question aussi délicate et de haute importance nationale, le président de l’Assemblée nationale ne pouvait pas engager celle-ci sans en référer préalablement à la plénière, et le cas échéant, à son Bureau;
- Qu’au demeurant, conformément à l’article 91 de la Constitution, il appartient au gouvernement de définir en concertation avec le président de la République la politique de la Nation et de la conduire;
- Que les déclarations du président de l’Assemblée nationale énervent les dispositions précitées et créent une tension préjudiciable au fonctionnement harmonieux des institutions de la RDC en général, et en particulier de l’Assemblée nationale et du gouvernement;
De tout ce qui précède:
- Prenons acte du retrait de la confiance du PPRD et de l’AMP au président de l’Assemblée nationale;
- Désapprouvons les déclarations du président de l’Assemblée nationale et le désavouons par conséquent;
- Décidons, à l’effet de marquer notre désaveu, de ne pas assister à la séance d’ouverture de la session ordinaire présidée par lui;
- Lui demandons de démissionner de ses fonctions, à défaut, mettrons en œuvre les mécanismes réglementaires à l’effet d’obtenir sa déchéance.
Ainsi fait à Kinshasa, le 15 mars 2009
www.provincenordkivu.org
La Rédaction
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