Goma,
le 07-01-2009
Crise financière
:
le milliardaire
allemand Merckle s'est suicidé
Le milliardaire allemand Adolf Merckle,
déboussolé par la crise financière,
s'est suicidé lundi 5 janvier. Il était
la 94e fortune mondiale selon le classement 2008 du
magazine Forbes, avec 9,2 milliards de dollars (6,2
milliards d'euros). Depuis quelques semaines, il faisait
les gros titres de la presse après la révélation
de ses spéculations malheureuses sur l'action
Volkswagen qui lui ont coûté des dizaines
de millions d'euros et ont conduit son groupe au bord
de la faillite. Les événements de ces
derniers mois, "ont brisé cet entrepreneur
passionné et il s'est suicidé",
explique la famille, qui met les difficultés
de sa holding au compte de la crise financière.
"Adolf Merckle a vécu et travaillé
pour sa famille et ses entreprises", décrit
un bref communiqué diffusé par ses proches.
Selon le parquet du Bade-Wurtemberg,
dans le sud-ouest de l'Allemagne, Adolf Merckle s'est
jeté sous un train, lundi soir, non loin de
Blaubeuren, son lieu de résidence. Ses proches
avaient signalé sa disparition dans la soirée
à la police. "Il avait quitté la
maison dans l'après-midi, et n'était
pas revenu comme d'habitude", explique le parquet
dans un communiqué. Quasi inconnu hors des
frontières du pays, le milliardaire était
à la tête d'une holding familiale, VEM,
qui ne publie aucun bilan. Elle contrôle notamment
le groupe pharmaceutique Ratiopharm, une des plus
grandes entreprises de vente en gros de médicaments
d'Europe, et le cimentier HeidelbergCement.
"JE NE M'ATTENDAIS PAS À
UNE CRISE DE CETTE AMPLEUR"
Selon des sources bancaires, la
famille avait perdu des millions d'euros dans des
investissements maheureux, dont 400 millions d'euros
rien qu'en titres Volkswagen. La famille était
en discussions depuis des semaines avec les banques
pour renégocier ses prêts. Mardi 6 janvier,
le titre HeidelbergCement perdait 5 % environ, à
31,70 euros à une demi-heure de la clôture
de la Bourse de Francfort, après être
tombé à 29,16 euros un peu plus tôt.
L'homme lui-même, au physique
passe-partout de grand-père tranquille, vivait
à l'abri des regards à Blaubeuren, une
commune de 12 000 habitants, au coeur du prospère
pays souabe. Qualifié de modeste, fuyant le
clinquant de la jet-set, ce passionné d'alpinisme
s'offrait pour seul luxe des expéditions dans
les Andes ou l'Himalaya. Et il restait à distance
des médias : ces dernières semaines,
la même unique photo illustrait les articles
sur sa déroute financière. Dans un entretien
accordé au Frankfurter Allgemeine Zeitung en
décembre dernier, il affirmait : "J'ai
déjà surmonté beaucoup de ces
dits crashs boursiers. Mais je ne pouvais pas m'attendre
à une crise bancaire et financière de
cette ampleur."
il y a 1 heure 13 min
LeMonde.fr
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