NOUVELLES DE LA PROVINCE DU NORD-KIVU

Goma, le 05-12-2009  

6 décembre 2009 : Joseph Kabila au seuil d'une quatrième année décisive

Le dimanche 6 décembre prochain, Joseph Kabila Kabange mettra les pieds sur le startring-block pour se lancer dans la dernière ligne droite en vue de franchir en beauté la ligne d'arrivée marquant la fin de son premier mandat présidentiel. Une gageure qui lui impose moult réflexions !

Proclamé vainqueur au second tour des premières élections libres, transparentes et démocratiques, les premières du genre que le pays de Lumumba ait jamais organisées en quarante-six ans d'indépendance, Joseph Kabila Kabange a été investi du pouvoir suprême de l'Etat le 6 décembre 2006 pour un mandat de cinq ans. 

A cette époque, le pays venait à peine de sortir d'une longue période de conflits politiques aggravés par des agressions militaires provenant du Rwanda et de l'Ouganda voisins dont les armées se sont même payé le luxe de s'affronter sur le sol congolais, à Kisangani pour plus de précision, semant mort et désolation au sein de la population locale autant que des destructions méchantes des infrastructures immobilières du fait des pluies d'obus que les deux armées belligérantes ont déversé sur cette ville. Cela s'était passé en 2002.

  En violation de la Charte de l'ex-Organisation de l'Unité africaine aujourd'hui Union africaine, Kigali et Kampala avaient activement soutenu les deux rébellions congolaises du Rcd/Goma et du Mlc. Et, pour donner le change à cette coalition militaire Kinshasa a dû appeler à sa rescousse les armées des pays amis. Ainsi, dans un effort conjugué avec les Fardc, les armées angolaise, zimbabwéenne et namibienne ont entrepris de résorber l'insurrection, de rétablir l'autorité de l'Etat à travers le territoire national, réunifier  et pacifié le pays en guerre.

Montée en puissance de Joseph Kabila

Les deux rébellions internes, soutenues à bout de bras par les Rwandais et les Ougandais ont fini par mourir de leur plus belle mort lors du Dialogue intercongolais tenu deux années durant en Afrique du Sud à Sun City. C'est ici l'occasion de reconnaître que Joseph Kabila est l'artisan principal de la réussite de ce forum de la paix et de la réconciliation, grâce à son implication obstinée, peu après qu'il a été porté sur le pavois du pouvoir d'Etat. Et pour cause.

En effet, c'est dans la foulée de ce vent de la réconciliation nationale qui s'est levé après la mort brutale de Mzee Laurent-Désiré Kabila que Joseph Kabila a commencé à prendre la stature d'homme politique avant celle d'homme d'Etat par la suite.

Porté pour la circonstance aux faîtes du pouvoir d'Etat, il a relancé l'Accord de Lusaka dit de cessez-le-feu entre les belligérants (Rcd/Goma, Mlc et le gouvernement de Kinshasa), réactivé le processus de Lusaka entré en léthargie en relançant à Gaberone le processus de réconciliation nationale. On lui doit l'initiative d'avoir remis sur la sellette le Botswanais Ket Masire en tant que facilitateur du dialogue intercongolais, alors qu'en son temps ses bureaux avaient été scellés à Kinshasa. Et c'est à Gaberone que Sun City, cité balnéaire sud-africaine a été choisie pour abriter ces laborieuses assises politiques qui ont enfin accouché de cet esprit de renouveau démocratique dans ce pays scandaleusement pourvu en richesses naturelles mais voué aux pires avanies du démon de l'anti-patriotisme, de la sublimation par certains de ses fils de leurs intérêts égoïstes plutôt que ceux de la communauté nationale.

Au sortir de Sun City, c'est encore Joseph Kabila Kabange qui a surpris l'opinion dans une démonstration d'altruisme politique inédite.

Donnant la preuve d'une volonté manifeste de jouer les rassembleurs, il se fait violence en partageant son pouvoir à ceux qui l'ont combattu et il accepte de céder une partie de ses prérogatives régaliennes à trois anciens opposants, dans une formule de gestion politique originale jusqu'alors jamais essayé partout ailleurs en Afrique où le pouvoir d'Etat allèche les hommes politiques.

Deux années durant, cette formule hybride de démocratie de 1 président de la République + 4 vice-présidents a certes restreint son champ de manœuvre et l'a pratiquement réduit à sauter à cloche-pied tout au long de ces deux années de préparation des premières élections démocratiques générales et présidentielles qu'ait jamais organisées le pays. Mais cela n'a guère empêché Joseph Kabila de se départir de son obsession à jouer franc jeu et cartes sur table afin que le pays retrouve la paix, et que le pouvoir politique s'obtienne par la voie des urnes, préalable sine qua non pour résoudre la sempiternelle équation de la légitimité du pouvoir, mais aussi condition d'une nécessaire ouverture du territoire national aux investissements étrangers.

Qu'on l'accepte ou qu'on le récuse Joseph Kabila a gagné ce pari. Les élections démocratiques, transparentes organisées en 2006 en constituent la preuve irréfragable.  Et la victoire qu'il a remportée haut la main est le couronnement de la somme d'abnégations et d'efforts consentis pour ramener la paix en République démocratique du Congo après des années d'incompréhensions politiques ponctuées par des conflits armés qui ont arrosé le sol de la patrie du sang de 5 millions d'innocents.

6 décembre 2006 : point de départ pour un mandat de tous les espoirs !

C'est donc dans ce contexte que se situe, le 6 décembre 2006, son investiture à la magistrature suprême que nul ne saurait lui contester, pour un mandat de cinq ans qui a suscité les espoirs de tout un peuple qui a fini par se reconnaître en lui, parce qu'incarnant un pouvoir légitimé par la voie des urnes, selon l'expression « Vox populi vos Dei ».

Ce mandat de cinq ans est un véritable défi lancé par Joseph Kabila au temps et aux circonstances.

Un défi au temps et aux circonstances dans la mesure où il débute ce mandat quelques mois à peine après l'extinction des conflits qui ont endeuillé le pays plusieurs années durant, alors que dans l'entre-temps les appétits de pouvoir insatiables de certains acteurs politiques soufflent sur les brasiers où subsistent des poches résiduelles de rébellion entretenues par des puissances extérieures obscures. Des puissances d'argent qui disposent de solides accointances intérieures parmi des élus du peuple voire, lesquels exploitent les puits de minerais de coltan, de cassitérite et d'autres substances minérales juteuses devenues les nerfs de guerre qui entretiennent encore de nos jours l'insécurité à l'Est et au Nord-Est du pays.

Qu'à cela ne tienne, Joseph Kabila ne laisse pas tomber les bras face aux coups de butoir de ces forces négatives. Jouissant de l'appui indéfectible d'une Alliance de la majorité présidentielle (Amp, regroupement de 13 partis politiques, ses Personnalités indépendantes, ses Alliés Palu-Udémo) totalement acquise à sa cause, il s'est lancé à corps perdu dans la matérialisation de la vision qu'il se fait de la reconstruction nationale, dans un programme dit des 5 chantiers qui vise la réhabilitation des infrastructures de base construites à l'époque coloniale mais devenues obsolètes,  et la construction de nouvelles plus modernes, l'amélioration des conditions de desserte de l'eau et  de l'électricité des populations, la couverture des soins de santé, l'amélioration de la qualité de l'éducation et de l'instruction. la création des emplois, etc.

Bref : un vaste programme destiné à moderniser le pays, et à induire le progrès et le bien-être des populations congolaises Celles des centres urbains aussi bien que celles du Congo profond.

Dans cette perspective, le partenariat conclu avec la Chine sous son impulsion et de son gouvernement et le renouement de la Rdc avec les institutions financières internationales augurent, à terme d'une réussite qui se profile à l'horizon de la fin de ce premier mandat présidentiel. A condition toutefois que soient respectées et observées toutes les mesures d'encadrement prises dans le cadre de la conduite de cette politique.

Qu'est ce à dire, sinon que le président Joseph Kabila ne doit pas transiger avec la discipline qu'il doit attendre de la part de tous ses partenaires de l'Amp, de toutes les Personnalités indépendantes qui la composent, et de ses Alliés Palu et Udémo à quelque fonction de responsabilité qu'ils se trouvent. Tous doivent se résoudre à savoir qu'ils sont astreints à cette discipline du groupe de laquelle dépend le renouvellement des uns et des autres. Du sien en particulier. Et le processus Tolérance Zéro qu'il a lancé devrait constituer le garde-fou accepté de tous pour éviter de rater le coche en 2011.


  Bon anniversaire, Monsieur le président de la République !

(CV/DN/Yes)



Last edited: 04/12/2009 15:54:19

 

 

La Rédaction

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